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Le ATLAS WebGIS : Qu’est-ce que c’est et comment ça marche ?

Comme vous avez vu dans plusieurs de nos blogs, nous travaillons avec un WebGIS. Ce qui est encore mieux ce que l’accès de ce WebGIS est libre. Vous pouvez voir notre travail en temps réelle ! Collecter les informations, les rédiger et les adapter au format WebGIS demande du temps et, en plus, ce n’est pas la seule partie de notre travail. Mais nous souhaitons tout de même vous expliquer aujourd’hui ce qu’est le WebGIS, comment nous travaillons avec ça et comment ça travaille, car il présente plusieurs caractéristiques et particularités qui méritent d’être présentées plus en détail dans un article spécifique.

Introduction du WebGIS
D’abord, le WebGIS soi-même. Le WebGIS a créé par Frédéric Pouget à l’Université de La Rochelle. Il est un bon exemple d’utiliser les structures existées de l’université dans le projet. Le développement du WebGIS était une partie du cours enseigné par Frédéric, dans lequel des étudiants a construit la base de date comme partie de leurs devoirs. De cette manière, nous obtenons notre base de données et les étudiants acquièrent l’expérience nécessaire à la création d’une telle base de données et voient leur travail en action. Plutôt que de faire un devoir juste pour le plaisir de faire un devoir.

Notre base de données est hébergée par le Huma-Num du Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Cette initiative du gouvernement français doit être saluée. Contrairement à l’approche standard, qui consiste à mettre hors ligne les ensembles de données après la fin d’un projet en raison d’un manque de financement, Huma-Num continue d’héberger la base de données. Ainsi, les chercheurs peuvent toujours consulter et utiliser la base de données bien après la fin de notre projet.

L’une des grandes nouveautés de notre projet est la combinaison de sources archéologiques et épigraphiques dans un seul WebGIS. La plupart du temps, ces sources se trouvent dans des bases de données distinctes, s’ils se trouvent du tout dans des bases de données en libre accès. En combinant ces deux sources, nous souhaitons mieux comprendre la ville (disposition, utilisation, etc.) et sa structure sociale. Les deux domaines sont très différents et nous, Ada et Pieter, travaillons ensemble pour tirer le meilleur parti de nos données.

Étude archéologique dans un WebGIS

Comme nous avons indicé au début, collecter, synthétiser et écrire l’information dans une manière qui est adéquat pour le WebGIS est une tâche longue. C’est particulièrement vrai dans le cas des vestiges archéologiques, car nous disposons rarement d’autres bases de données auxquelles nous pouvons accéder et à partir desquelles nous pouvons extraire l’information. C’est précisément l’une des grandes contributions de notre projet que de rassembler une énorme quantité d’informations, mises à jour et contextualisées, sur les phénomènes urbains dans l’Antiquité tardive.

Donc, au niveau archéologique, la recherche commence avec ce que nous appelons le style « old school », avec une recherche exhaustive des publications les plus significatives de la ville analysée à ce moment-là. Cela nous permet de nous faire une idée de l’état de la question aujourd’hui et de disposer d’une bibliographie la plus complète et la plus récente possible. Cette tâche semble simple, mais l’un des principaux défis consiste en fait à rassembler les informations disponibles, car elles sont souvent dispersées dans des publications diverses et variées, de sorte qu’il n’est pas toujours facile de mettre la main sur toute la bibliographie. Heureusement, nous pouvons toujours compter sur nos collègues qui collaborent au projet pour nous donner un coup de main dans cette tâche.

Exemple de dossier d’un vestige archéologique de Carthage. A droite, on peut voir le plan de la ville avec une superposition du plan archéologique de la ville.

Une fois que nous disposons une bibliographie aussi complète et récente que possible, il est temps de la lire et de l’analyser attentivement afin d’obtenir des données spécifiques intéressantes pour notre projet. Nous voulons savoir quels bâtiments, infrastructures et éléments topographiques font le paysage urbain de nos cités d’études durant les cinq siècles de l’Antiquité tardive. L’analyse se fait vestige par vestige, de manière à pouvoir synthétiser et rédiger en parallèle les informations adaptées au format WebSIG. Ces informations sont dans un premier temps rassemblé dans un fichier Excel afin de faciliter l’exportation vers la base de données. Cependant, nous n’avons pas encore pu exporter toutes ces informations en bloc, les éléments sont donc saisis manuellement pour le moment. Nous souhaitons d’être capable d’appliquer une system similaire à celui utilisé dans la partie épigraphique pour les prochaines études de cas.

Enfin, une fois que les informations nécessaires sur le vestige en question ont été synthétisées et rédigées (description du vestige, état de conservation et discussion chronologique), nous recherchons l’appareil graphique pour compléter le dossier. Des photographies, des plans, des coupes ou des reconstitutions sont également inclus dans les dossiers de vestiges archéologiques, non seulement pour faciliter la compréhension des vestiges archéologiques, mais aussi parce que cette documentation graphique sert également de point de départ à nos collègues chargés de la modélisation et de la reconstitution en 3D pour l’exposition itinérante ATLAS.

Étude épigraphique dans un WebGIS

La part épigraphique de notre projet utilise une approche complètement différente. Grâce aux bases de date existantes (p. e. TrismegistosEDHEDCSHEpOnl et LatinNow), l’étude individuelle de chacun élément par une multitude de publications n’est pas nécessaire. Certains de ces ensembles de données sont ouverts et permettent aux chercheurs de télécharger les données. Pour d’autres, il est possible de contourner le problème en combinant les données disponibles grâce à ces différents ensembles de données, ce qui permet déjà d’obtenir un ensemble de données épigraphiques amélioré. Cette combination du jeu donné est possible grâce au jeu données de Trismegistos contenue les IDs de la plupart des grandes bases de données. Nous pouvons ainsi établir des liens croisés entre les données des différents ensembles de données. Cependant, même après avoir combiné les données des ensembles de données, nous nous retrouvons souvent avec des données partielles. En outre, et plus important encore pour notre WebGIS, les données spatiales ne sont fournies qu’au niveau de la ville. Ainsi, pour Carthago, nous disposons de plus de huit mille inscriptions dans la base de données Claus-Slaby, toutes dotées d’un centroïde représentatif (point sur la carte).

Informations spatiales épigraphiques pour Carthage via Clauss-Slaby (https://db.edcs.eu/epigr/imp-rom.html) Note this includes all periods

Il va de soi qu’une telle approche est inutile pour l’étude des villes individuelles. Souvent, les épigraphistes se tournent vers de petites études de cas et passent ensuite beaucoup de temps à déterminer l’emplacement des inscriptions individuelles. Ces efforts sont rarement pris en compte dans les bases de données. Cependant, l’amélioration des données spatiales fait partie de l’amélioration de nos données pour le WebGIS. En parcourant les publications, nous recherchons l’endroit où se trouve l’inscription. De cette manière, nous sommes en mesure d’attribuer les inscriptions au niveau du bâtiment. La carte ci-dessous montre comment nous avons localisé les plus de deux mille inscriptions de l’Antiquité tardive de Carthage à l’intérieur de la ville. Noter que les 163 inscriptions en mer n’ont pas de localisation connue autre que Carthage. Jusqu’à présent, nous n’avons pas résolu le problème du traitement de l’épigraphie non localisée. Souvent, un site de dépôt est choisi pour ces épigraphies. Nous avons décidé que les sites de dépôt sont dans l’eau, en espérant qu’il soit clair qu’il s’agit d’un site de dépôt.

Des informations spatiales améliorées épigraphiques pour l’Antiquité tardive (ATLAS)

Pendant rechercher les publications épigraphiques pour améliorer les données spatiales, nous améliorons également les données sur le matériau, l’objet et le type de texte. Il est clair que la datation des inscriptions est l’un des aspects les plus difficiles. Grâce aux ensembles de données combinés et à la publication de collections épigraphiques, le travail sur l’épigraphie peut être effectué en masse. Cela signifie que l’épigraphie n’est pas introduite dans la base de données inscription par inscription, mais par échantillons plus importants. Nous avons fait Carthage en une seule fois. Bientôt, nous terminerons et téléchargerons les quatre autres études de cas du Maghreb.

Utiliser le WebGIS

Le WebGIS est encore disponible pour tous à voir via : https://geoapps.huma-num.fr/adws/app/5b1c0f10-7386-11ec-b348-11e51a07f6b0/

L’écran d’accueil peut sembler un peu impressionnant au premier abord, mais ce blog vous guidera dans son utilisation. Vous verrez qu’il n’est pas du tout compliqué et que vous vous habituerez rapidement à l’interface !

WebSIG écran d’accueil

Sur le côté droit se trouve le tableau des couches de la carte. Il permet d’activer et de désactiver les couches. Dans la vue d’ensemble, nous ne voyons que les « territoires », ou « cités », des dix villes étudiées. Lorsque on zoome sur l’une des villes, d’autres couches deviennent disponibles. Nous pouvons zoomer en utilisant différentes méthodes. La plus intuitive est le bouton de défilement de notre souris. Cependant, il existe deux options dans le WebGIS lui-même : (1) sur le côté gauche, nous trouvons les + et – pour le zoom, les flèches vous permettent de basculer entre les deux derniers niveaux de zoom. (2) La dernière icône de cette rangée est une fonction de zoom rapide qui crée une boîte carrée. Sélectionnez cette icône, qui devient bleue, et cliquez avec le bouton gauche de la souris sur la carte pour sélectionner la zone sur laquelle vous souhaitez zoomer. Notez que le carré indique le niveau de zoom, c’est-à-dire qu’il montre ce qui se trouve à l’intérieur du carré que vous avez fait glisser.
Quand nous zoomons sur Carthage, par exemple, nous constatons que la cité et l’enceinte disparaissent, tandis que les icônes des vestiges archéologiques apparaissent. La couche épigraphique doit être activée manuellement. Sur le tableau de droite, nous voyons une section avec des cartes de base. Ici, nous pouvons activer et désactiver plusieurs cartes de base et jouer avec leur transparence. Jusqu’à présent, nous avons joué avec les couches et le tableau de droite.

Sur la gauche, nous trouvons quatre icônes :
1. Le temple ou mieux « Filtre Carto Vestiges ».
2. Le monument ou mieux « Filtre Carto Inscriptions »
3. La loupe ou « Recherches »
4. Graphiques ou « Statistiques »
Chacun de ces éléments vous permet de rechercher et d’interroger la base de données.

Filtre Carto Vestiges

C’est une fonctionne qui offre deux options, apparemment similaires, mais qui permettent d’interroger la base de données avec des perspectives différentes. La première option (« Recherche Vestige par Ville / Type / Sous-type ») permet d’effectuer des recherches au sein de chaque ville par type et même sous-type d’élément archéologique. Ce qui est intéressant dans cette fonction, c’est que aucun des éléments de recherche n’est obligatoire, de sorte qu’il est possible d’effectuer des recherches assez libres, même sans se tenir à une seule ville. Ainsi, nous pouvons avoir une liste de tous les éléments archéologiques par type (civique, religieux, économique, etc.) ou sous-type (églises, habitations, bains, nécropoles, etc.) recueillis dans notre base de données. En effet, les résultats de cette recherche et de toutes les autres options génèrent une liste sur la droite, qui peut être affichée sous forme de tableau et qui facilite l’accès aux fiches techniques de chaque vestige. Éventuellement, ces tableaux peuvent être téléchargés dans différents formats pour travailler avec les données de la manière qui nous convient le mieux.

Exemple de tableau qui peut être consulté après toute recherche.

La deuxième option (« Recherche Vestige par Ville / Sous-type / Siècle ») s’est concentrée sur des requêtes spécifiques par siècle, de sorte que cette variable est obligatoire lors de la recherche. De cette manière, nous pouvons filtrer les éléments archéologiques chronologiquement, ainsi que par ville ou sous-type si nous le souhaitons. C’est un bon moyen d’observer les modèles d’évolution par catégories spécifiques de vestiges et / ou de bâtiments, à la fois dans une ville spécifique et dans l’ensemble des études de cas du projet.

Filtre Carto Inscriptions

La fonction de recherche de l’épigraphie offre quatre possibilités de recherche dans l’épigraphie. Nous pouvons rechercher les documents épigraphiques à l’aide de la fonction « Recherche Inscription », qui nous permet d’affiner nos recherches en utilisant des filtres par ville, par type de texte, par datation ou par description. En combinant les filtres, nous pouvons obtenir des recherches très détaillées.

La « Recherche Langue Inscription » est assez simple. Vous pouvez sélectionner la langue des inscriptions. Notez que la recherche est exacte, donc le latin ne donnera que du latin et laissera de côté le grec / latin et l’hébreu / latin.

« Recherche Chronologique Inscription » vous donne la possibilité de cartographier les inscriptions datées de siècles spécifiques en activant et désactivant les couches. Notez qu’il s’agit d’une recherche large, c’est-à-dire que toutes les inscriptions du siècle mentionné sont affichées. Par exemple, une inscription datée entre le troisième et le cinquième siècle apparaîtra dans les trois siècles. L’Antiquité tardive non spécifique ne s’affichera que si cette couche est activée.

La fonction « Recherche ID Inscription » est un moyen utile d’identifier l’inscription sur laquelle vous travailliez. Avec l’ID de l’inscription dans notre base de données, vous pouvez facilement vous concentrer sur ce texte.

D’autre part, nous profitons de l’occasion pour vous informer que nous travaillons sur d’autres types de recherche, en particulier pour le texte à l’intérieur des inscriptions, sur la base d’une version affinée du texte édité et sur la recherche de références. Nous vous tiendrons au courant !

Recherches

Dans le prolongement de cette ligne d’amélioration constante, on trouve les différentes fonctions de recherche que on retrouve dans l’icône de la loupe (Recherches). Dans certains cas, elles ont été suggérées par nos propres collègues du projet, comme la recherche par mots clés dans les bâtiments (Recherche Edifice par mots clés) et les inscriptions (Recherche Inscription par mot clé). Comme nous avons dit, il s’agit de fonctions que nous sommes encore en train de développer, mais nous espérons les rendre pleinement disponibles très bientôt. Les autres options de recherche fonctionnent comme nous l’avons déjà expliqué, tant dans le domaine épigraphique qu’archéologique.

Statistiques

Le tableau « Statistique » nous offre pour l’instant quelques graphiques pour montrer les données de manière générale et comparer nos dix villes d’étude de cas. Évidemment, comme il s’agit d’une travail en cours, il ne montre que ce qui a déjà été saisi. Néanmoins, c’est un outil utile pour observer les tendances de l’évolution au niveau chronologique ou même pour savoir, d’un coup d’œil rapide, quels types de vestiges caractérisent chacune des villes de notre projet.

Exemple de répartition par type de vestiges archéologiques à Baelo Claudia.

Dans un futur proche, nous ajouterons cette description à l’interface WebGIS et nous pourrions même obtenir une vidéo en français expliquant comment procéder. Nous espérons que vous trouverez cela utile !