Actualités

  • Troisième atelier d’ATLAS : La Rochelle

    Chaque année, les membres du projet se réunissent dans l’un de centre de recherche. Après Madrid et Hambourg, il était temps d’y aller à La Rochelle. Pour les directeurs et postdocs, c’était un retour heureux dans une cité différente, avec des gens et restaurants : notre dernière visite pour lancer le projet et le WebSIG était mid-pandémie. Nos ateliers sont hybrides, permettent aux membres de les planifier dans leurs calendriers occupés. Heureusement, plusieurs membres ont participé en personne pour présenter le travail de groupe. Comme nous avons commencé le mercredi matin, les participants sont arrivés le mardi. Cette arrivée tôt de la plupart des participants a conduit à un dîner de projet non officiel accidentel où nous avons pu apprécier de nous retrouver et de partager de bonnes pizzas. 

    Les directeurs, Laurent Brassous et Sabine Panzram, lors de l’ouverture de l’atelier.

    Mercredi 9e novembre

    Le premier jour d’atelier a commencé tôt avec la bienvenue par nos directeurs Sabine Panzram et Laurent Brassous (qui a organisé tout l’atelier). Leur introduction a offre un aperçu du travail accompli jusqu’à présent et, surtout, du travail qui reste à faire. Le projet aboutira à la publication d’un companion où nous avons rassemblé les recherches que nous avons menées au fil des ans. La date limite pour les manuscrits de chaque groupe de recherche est le 1er décembre. Notre prochaine réunion étant prévue début mai 2023 à Tunis et il semble que ce soit le meilleur endroit pour présenter nos premières ébauches pour le compagnon. La réunion finale aura lieu en avril 2024 à la Casa de Velázquez à Madrid. Après ces annonces importantes sur le ménage, il était temps de commencer les présentations et les discussions.

    Le premier groupe de recherche pour présenter était la groupe Terminologie et Pouvoir politique. Il a expliqué que les deux groupes précédents, Terminologie et Pouvoir politique, étaient composés de presque les mêmes personnes et faisaient des recherches sur les mêmes sujets. Ils ont donc décidé de fusionner les groupes à un seul. Ils se concentreront sur les idées qui sous-tendent la définition de la ville, et ses relations avec les pouvoirs impériaux et religieux dans l’Antiquité tardive. La première présentation de ce groupe a été faite par Álex Corona (Universidad de Valladolid) sur le rôle des évêques au-delà de la religion. Il soutient qu’au fil du temps, les évêques ont eu tendance à assumer des rôles plus profanes et ont ainsi contrôlé la juridiction et l’administration des villes. Stéphanie Guédon (Université de Limoges) poursuit avec l’évolution des affiliations sociales et culturelles dans la région de Sufetula. Elle montre que l’affiliation à une communauté urbaine trouvée dans l’épigraphie funéraire impériale se transforme en une affiliation chrétienne.

    Stéphanie Guédon a fait l’une des présentations du groupe « Terminologie et pouvoir politique ».

    Pour le groupe Territoire Fred Hirt (Université de Liverpool) et Pieter Houten (Universität Hamburg) ont présenté les territoires de deux villes minières parmi nos études de cas : Simitthus et Carthago Nova. Les données disponibles pour ces deux études de cas étant très différentes, la présentation a été conçue comme deux sections distinctes. Alors que Simitthus a connu un renouveau de l’exploitation des carrières dans l’Antiquité tardive, l’exploitation minière de Carthago Nova a pris fin dès le deuxième siècle et n’est jamais revenue. Cependant, grâce à une étude récente de l’arrière-pays de Carthago Nova, nous pouvons reconstituer la dynamique de cette région. Malgré le peu de travaux effectués sur le territoire de Simitthus, il est possible de reconstruire une partie de la dynamique grâce aux données épigraphiques.

    Alfred Hirt et Pieter Houten nous ont offert une analyse du territoire de Simitthus et de Carthago Nova.

    Ada Lasheras (EHEHI – Casa de Velázquez) a présenté les travaux sur le VIIIe siècle. Cette fois, la groupe a réalisé une étude approfondie des données disponibles sur ce siècle dans chacune des villes de l’étude de cas ATLAS. Malgré ce que l’on pourrait penser a priori, la présentation du groupe a montré une quantité remarquable d’informations, principalement de nature archéologique. Il est cependant tout aussi vrai qu’il existe des différences très marquées selon les régions et les villes spécifiques, montrant non seulement des évolutions urbaines différentes mais aussi la nécessité de poursuivre les recherches et les fouilles, en particulier dans la zone nord-africaine.

    Ada Lasheras présente les travaux du groupe « VIIIe siècle ».

    Après cette matinée inspirante avec des discussions fondamentales sur l’urbanisme dans l’Antiquité tardive, nous nous sommes dirigés vers le port de La Rochelle pour le déjeuner. Les personnes placées aux fenêtres ont eu droit à des vues magnifiques pour accompagner les fruits de mer frais dans les assiettes. Les conversations du dîner ont varié des discussions scientifiques aux futilités. Tous rafraîchis et rechargés, nous avons pu poursuivre l’atelier.

    Panorama du port de La Rochelle

    Le groupe d’épigraphie s’est vu confier la tâche de lutter contre l’apéritif d’après dîner. Ils ont joué leur meilleure carte en demandant à Javier Arce (Université de Lille) de faire un exposé magistral sur l’inscription Comentiolus de Carthago Nova. Il est toujours intéressant de voir comment un seul texte peut ouvrir des débats sur la présence de troupes, la position de Carthago Nova comme capitale (ou non) et la réorganisation des territoires. Pieter Houten (Universität Hamburg) a ensuite présenté les travaux du groupe d’épigraphie sur les inscriptions de bâtiments. Ils proposent d’élargir la définition des inscriptions de bâtiments pour y inclure celles qui commémorent la sacralisation d’une église. Pour aller plus loin, ils proposent de placer la caritas dans la lignée de l’eurgétisme.

    Les présentations du groupe épigraphie ont été faites par Javier Arce et Pieter Houten.

    Laurent Brassous a présenté les travaux du groupe de recherche le plus important, Espaces urbains, sur l’habitat dans l’Antiquité tardive, pour lequel nous disposons de nombreuses informations. Il a commencé par un bref aperçu de la bibliographie sur l’habitat. Même si l’on constate un regain d’intérêt, les recherches ont tendance à se concentrer sur des zones spécifiques. L’Afrique du Nord semble être ignoré jusqu’à présent. ATLAS peut y jouer un rôle important pour mettre le logement sur la carte.

    La présentation du groupe Espaces urbains dépendait de Laurent Brassous.

    Après une courte pause-café, nous nous tournons vers les présentations des invités, ce qui permet de comparer notre travail à celui effectué en Gaule. Marc Heijmans (Centre Camille Jullian) nous donne un aperçu du développement urbain dans le sud de la Gaule. Il montre les différents éléments urbains que l’on peut trouver dans les villes, comme les périmètres fortifiés. La présentation suivante de Didier Bayard (INRAP) était principalement axée sur les murs urbains, puisqu’il a concentré son exposé sur la récente publication : Villes et fortifications de l’Antiquité tardive dans le nord de la Gaule. Les présentations conjointes ont donné un bon aperçu du développement urbain de la Gaule dans l’Antiquité tardive.

    Marc Heijmans (ci-dessus) et Didier Bayard nous ont donné une vue intéressante à partir de la Gaule.

    Après cette longue première journée, il était temps de conclure la journée par un dîner en ville. Comme nous disposions d’un peu de temps entre la fin des présentations et le début du dîner, certains ont décidé de faire une sieste rapide, d’autres ont flâné dans la ville pour admirer les façades illuminées du port et quelques-uns ont décidé de déguster des bières locales sur la terrasse du restaurant. Le dîner à Prao, composé d’ingrédients locaux frais, était magnifique. Les conversations à table se sont déplacées entre des discussions continues sur l’Antiquité tardive et les triviaux des accords mets et vins. Pour certains, la soirée n’a pas pu se terminer plus tôt et ils se sont retrouvés dans un pub irlandais pour un digestif.

    L’agréable dîner et la nourriture après le premier jour de l’atelier

    Mardi novembre 10e

    Jeudi matin, nous avons eu les dernières sessions sur la méthodologie de nos différents objectifs de projet. Nous avons commencé par le WebSIG présenté par nos post-docs Ada Lasheras (Casa de Velázquez) et Pieter Houten (Universität Hamburg). Ils ont montré l’interface du webSIG et expliqué leur flux de travail. Plus important encore, ils ont attiré l’attention sur la partie ouverte du webSIG, où les gens peuvent voir le travail effectué. Cela permet aux experts de vérifier notre travail et de nous signaler les entrées incomplètes, manquées ou même erronées. La discussion sur les fonctionnalités du webSIG a été très utile et conduira à des changements afin que nous ayons plus de possibilités de recherche.

    Nos postdocs, Pieter Houten et Ada Lasheras, expliquent le fonctionnement du WebSIG et en même temps les progrès réalisés.

    Quand on s’appelle ATLAS, il faut aussi s’engager dans d’autres projets d’atlas. Marc Heijmans a présenté les résultats de l’Atlas topographique des villes de gaule méridionale. Les tomes massifs d’Arles et de Fréjus qu’il a apportés pour démontrer le travail accompli, ont créé des étincelles de joie dans de nombreux yeux. Nous sommes comme des pies avec des choses brillantes quand nous voyons de beaux livres. La série d’atlas est bien faite et fournit des informations détaillées et des cartes sur la ville sur laquelle elle porte. Même si notre atlas sera un WebSIG en ligne, certains éléments pourraient être adoptés dans le compagnon qui sera publié à la fin du projet.

    Marc Heijmans lors de sa présentation de l’Atlas topographique des villes de gaule méridionale

    Notre nouveau collègue Titien Bartette (LIENSs) a présenté la méthodologie et l’avancement de la reconstruction 3D pour notre exposition itinérante. Malheureusement Jean-François Bernard (CRAA) n’a pas pu être présent. Titien a présenté l’étude de cas de Baelo Claudia et comment il a travaillé pour créer une reconstruction 3D de l’église sur le site de Silla del Papa. C’est formidable de voir comment les informations fournies dans le webSIG combinées à l’expertise de Titien mènent à une reconstruction 3D de l’église. Chaque petite d’information est utilisée pour arriver à une reconstruction aussi proche que possible de la réalité historique. Chaque décision prise est fondée sur l’archéologie du site.

    Titien Bartette explique les méthodologies derrière les reconstructions 3D

    Après les présentations méthodologiques de la matinée, c’est l’heure de la discussion générale. Une remarque s’imposait, nous ne devons pas perdre de vue la balle au bond : nous faisons de la recherche comparative et devons donc garder à l’esprit aussi bien l’Hispanie que l’Afrique lorsque nous travaillons sur nos thèmes. De plus, et cela a été discuté assez longuement, nous avons dix villes d’étude de cas. Elles sont au centre de notre webSIG, car ce sont les seules sur lesquelles nous avons travaillé, mais cela ne veut pas dire que nous ne sommes pas autorisés à regarder au-delà. Dans certains cas, il peut être intéressant de regarder les villes voisines pour avoir une image plus claire. Mais, dans tous les cas, l’idée générale est que nous sommes sur la bonne voie et que nous devons continuer à travailler dans ce sens en gardant à l’esprit le résultat final, tant au niveau de la publication que de l’exposition itinérante.

    Certains membres malheureux ont dû partir immédiatement après la fin du programme pour prendre le train pour Paris. Ils n’ont donc pas pu profiter du programme de l’après-midi. Après avoir dégusté un excellent repas au restaurant de l’Aquarium, Laurent avait organisé une visite guidée de la ville, qui nous a donné un bon aperçu de l’histoire de La Rochelle, une grande enclave portuaire qui a souvent dû défendre son autonomie. Ensuite, nous avons eu le temps de faire quelques achats et de flâner en admirant les magnifiques vues du port éclairé par la brume au coucher du soleil. Enfin, nous avons profité d’un dîner animé tous ensemble au Bar André, où certains ont osé goûter à un large assortiment de fruits de mer, spécialité de la maison, et d’autres se sont laissés tenter par le dessert, réputé depuis lors : le rumbabá !

    Les membres d’ATLAS pendant la visite guidée et La Rochelle au soir.
  • Restitution 3D dans ATLAS

    L’un des objectifs du projet ATLAS est la production d’une exposition itinérante proposée à la bibliothèque de l’université de Hambourg, au musée archéologique nationale de Madrid (MAN), au musée du Conjunto Arqueológico de Baelo Claudia (Cadix) à la Casa Árabe Córdoba et à l’Institut National du Patrimoine (Tunis). Dépassant le cadre strict de la recherche scientifique, ce volet du projet tient plus de la valorisation et de la restitution au public par des moyens innovants faisant usage des nouvelles technologies tridimensionnelles. Cela-dit, les processus mis en œuvre pour de telles productions nécessitent un dialogue constant entre les spécialistes du patrimoine bâti ancien et les prestataires responsables de la production des contenus 3D et de la conception de l’exposition immersive et interactive. Le lancement de cette nouvelle étape eu officiellement lieu en cette rentrée et c’est l’entreprise française ICONEM, spécialisée dans la numérisation de sites et monuments du patrimoine culturel et dans la production d’expériences numériques immersives à destination du grand public, qui aura à charge de traduire ces données archéologiques en 3D.

    C’est dans ce cadre qu’intervient Titien Bartette, docteur en archéologie de l’université d’Aix-Marseille, spécialiste en architecture et en ornementation lapidaire antiques et expert dans les technologies 3D appliquées au patrimoine culturel, qui a rejoint l’équipe du projet ATLAS en septembre. Son rôle sera précisément d’assurer ce dialogue, la transmission des données archéologiques et leur traduction en des termes tridimensionnels, se positionnant à la charnière de ces deux mondes, celui des sciences de l’antiquité et celui des technologies de pointe en 3D.

    À propos du projet de modélisation 3D

    En amont du développement de l’exposition et des expériences utilisateurs, le projet implique une phase importante de production tridimensionnelle que sont les captations et la modélisation. Ces deux jeux de données numériques sont par la suite fondus pour permettre un repositionnement et une visualisation des ensembles restitués directement sur le terrain actuel. Le projet se focalisera sur 4 villes, Baelo Claudia, Mérida, Carthage et Makthar, et mettra en exergue un certain nombre de monuments ou ensembles emblématiques des sites ou de l’actualité de la recherche.

    Baelo Claudia : superposition des modèles 3D restitués avec le modèle photogrammétrique du site – Titien Bartette / ICONEM

    Cette notion multi scalaire représente un challenge du point de vue de la gestion des données et de la technologie 3D, puisque les captations sur sites impliquent des procédures et méthodes adaptés, mais les solutions mises en œuvre pour la modélisation diffèrent également selon le niveau de détail attendu. En effet, on raisonne et on procède différemment à l’échelle d’une ville, d’un quartier ou d’un monument. Par ailleurs, nous nous confrontons aux obstacles que sont l’hétérogénéité des ensembles architecturaux, celle de l’accessibilité à la donnée source et celles du discours scientifique tenu et du récit visé dans cette exercice innovant de vulgarisation. Pour surmonter ces obstacles, nous avons mis en place un protocole méticuleux de production adapté aux différents cas de figure.

    De la donnée aux modèles 3D

    La chaine opératoire prévoit les phase préparatoires des restitutions que sont la collecte de la donnée graphique et la production de celle qui serait manquante, puis leur homogénéisation. En parallèle, les hypothèses sont confrontées et éventuellement testées sur les modèles 3D. De ce point de vue, l’expérience devient également terrain d’expérimentation sur l’apport du modèle sur la réflexion archéologique et architecturale. Enfin, nous constituons des collections de références pour les questions de textures et rendus réalistes par la recherche d’éléments de comparaisons pertinents. Cela concerne essentiellement les matériaux, les types de roches et leur grain particulier, mais aussi certains décors, des attributs et ce jusqu’aux environnements propres aux sites.

    Comme dit précédemment, la production 3D à proprement parler concerne, à ce stade, deux volets distincts : celui de la numérisation des sites et celui de la restitution 3D. La numérisation se fait par drones et/ou au sol selon l’objet visé. Généralement, c’est le couplement de ces deux approches qui permet de garantir un niveau de détail satisfaisant pour une couverture globale. Le travail de modélisation 3D est donc la traduction en volume de la documentation graphique architecturale traditionnelle, à l’échelle et détaillée. Pour les ensembles non documentés, il y a donc une production préalable ad hoc, plans, élévations, sections, axonométries ou évocations selon les cas.

    Baelo Claudia : enrichissement de données graphiques avec de nouvelles proposition de restitution. L’exemple du monument aux deux escaliers – Titien Bartette, d’après Ney C., Paillet J.-L. et Sillières P.

    La masse de donnée tridimensionnelle produite dans ce cadre est considérable, elle nécessite donc un traitement d’optimisation adéquat pour en garantir la bonne gestion et son interopérabilité. En pratique, l’optimisation consiste en une suite d’opération rendant le modèle conforme à un usage multiple sous différentes applications et sur différents supports, animations, web, réalité augmentée, réalité virtuelle, etc. Elle permet d’appliquer un jeu de textures réalistes riches pour un moindre coût en terme de data et de poids du fichier. C’est là l’ultime étape de production des modèles 3D, l’application et le travail de textures soignées, restituant fidèlement les matériaux, leur aspect et leur comportement (couleur, réflectivité, rugosité, etc.).

    Textures des blocs de grand appareil (occlusion ambiante, normales et couleur) – Titien Bartette / ICONEM

     Et la suite ?

    À ce stade, le dossier de Baelo Claudia est d’ores et déjà en phase de production et doit être achevé prochainement. Celui-ci s’articule autour de la transformation d’un quartier au fil des siècles, mettant en lumière les processus de remploi et de réoccupation d’espaces à l’antiquité tardive. Nous verrons comment les monuments publics du Haut-Empire ont pu se muer au fil du temps. Baelo Claudia avait préalablement été intégralement numérisé par ICONEM en 2017, dans le cadre du projet Faire renaître la cité de Baelo Claudia célébrant le centenaire des fouilles qui y sont conduites. Les travaux actuels viendront donc enrichir un ensemble de données graphiques 3D déjà existant.

    En parallèle, les premières étapes ont d’ores et déjà été engagées sur le dossier de Mérida, qui devrait être aboutit d’ici la fin de l’année. Cette fois-ci, nous nous focaliserons sur un ou deux monuments emblématiques de l’antiquité tardive et sur leur insertion dans la trame urbaine. Au fil de ces modélisation, les questions de productions graphiques commencerons à se poser, c’est-à-dire la scénarisation, la production des livrables et leurs déploiements. D’ici là, le workshop des 9 et 10 novembre à l’Université de La Rochelle sera l’occasion de présenter plus en détail la méthodologie mise en œuvre et l’état d’avancement au travers de certains exemples.


     

  • Retourner à la saison des conférences

    C’est le moment de l’année de nouveau ! Après la pause estivale, la saison des conférences est de retour, et elle est de retour en force. Lorsque « l’été académique » s’est terminé en août et que nous avons ouvert nos calendriers, nous avons réalisé qu’un automne avec un programme complet nous attendait.

    Les premiers pas en septembre

    La première conférence de la nouvelle année académique était le Congressus Internationalis Epigraphiae Graecae et Latinae, ou en bref CIEGL. Cette conférence a lieu une fois tous les cinq ans et réunit des épigraphistes du monde entier pour discuter des dernières contributions et des recherches à venir dans le domaine de l’épigraphie. Du 29 août au 2 septembre, les épigraphistes se sont réunis dans Bordeaux beau et chaud. Plusieurs membres d’ATLAS étaient présents à la conférence. Notre directrice Sabine Panzram a organisé tout un panel intitulé « L#épigraphie du « Cercle du détroit de Gibraltar » » dans lequel le directeur scientifique de la Casa de Velázquez pour les périodes antique et médiévale, Gwladys Bernard, a également participé. Dans la session « les traditions épigraphiques après Dioclétien » notre membre d’ATLAS Morgane Uberti a présenté son travail. Pieter n’a pas présenté de communication en tant que telle, mais a fait une présentation avec le nouveau WebGIS de l’équipe de LatinNow à laquelle il appartient également : www.gis.latinnow.eu.

    Membres du projet ATLAS au CIEGL

    Cette première conférence a été suivie par le IV Coloquio de Arqueología e Historia Antigua de Los Bañales, titulé « Pecunia communis : ressources économiques et durabilité des petites villes hispano-romaines », qui a eu lieu du 22 au 24 septembre à Ejea de los Caballeros et Uncastillo (Zaragoza). Plusieurs membres d’ATLAS ont également participé à cet événement, comme nous l’avons tweeté quelques jours devants. Darío Bernal Casasola a consacré sa présentation aux villes garum en Hispanie, en se concentrant particulièrement sur l’une de nos études de cas, Baelo Claudia. Alfred Hirt, quant à lui, a présenté une analyse détaillée de la production métallurgique dans la péninsule ibérique à l’époque romaine, en soulignant l’importance des ressources minérales. Enfin, notre postdoc, Ada Lasheras González, a présenté le projet intéressant Circ-E, auquel elle participe et qui est consacré à l’étude de la logistique et des principes de l’économie circulaire dans les villes hispano-romaines. Notre directrice, Sabine Panzram, nous a rejoints le dernier jour du colloque lors de la visite du site de Los Bañales.

    Les participants du colloque de Los Bañales

    Les conférences à venir

    En octobre, l’atelier annuel TOLETUM aura lieu. Pour plus d’informations, suivez ce lien. Même si aucun membre de l’équipe ATLAS ne fera de présentation, TOLETUM nous tient à cœur, non seulement parce que Sabine Panzram est la fondatrice et la co-organisatrice, mais aussi parce que nous avons tous participé à l’un de ces ateliers ces dernières années. TOLETUM XIII Valles fluviales de Hispania en perspectiva diacrónica traitera de différents aspects des vallées fluviales dans l’antiquité, du troisième siècle avant Jésus-Christ au neuvième siècle de notre ère.

    Le célèbre Warburghaus à Hambourg

    En novembre, le Warburghaus accueillera une autre conférence coorganisée par Sabine Panzram (incroyable est le nombre de conférences qu’elle organise) : « Shifting Cities in the Iberian Peninsula, III BC – IX AD ». Lors de cette conférence, quelques membres d’ATLAS présenteront leurs travaux. Cela commence jeudi avec la coprésentation de nos membres de Hambourg Sabine Panzram et Pieter Houten sur la transformation possible des civitates dans l’Antiquité tardive. Vendredi, notre collègue de la Casa de Velázquez, Ada Lasheras González, ainsi que Joan Negre et Francesc Rodríguez Martorell, présenteront les changements observés dans les villes de Ṭarrakūna et Ṭurṭūša aux premiers siècles d’al-Andalus. Elle sera suivie par notre membre María Teresa Casal-García sur notre étude de cas Qurtuba. Le samedi nous continuons avec Sonia Gutiérrez Lloret sur l’urbanisme du sud-est de la Péninsule. Dans l’ensemble, une conférence prometteuse.

    En décembre, la saison des conférences s’achève avec Africa Romana XXII. Bien que l’accent mis sur la période Julio-Claudienne soit un peu loin de l’objectif d’ATLAS, plusieurs de nos membres y présenteront des articles. Tout d’abord, nous aurons Rubén Olmo-López qui présentera son travail sur les magistrats. Samedi, Sabine Panzram, Stefan Ardeleanu et Pieter Houten présenteront une communication commune sur le culte impérial en Afrique du Nord.

    Le capitole de Sbeitla (Wikipedia)

    Au milieu de ces conférences, nos groupes de recherche se sont réunis pour préparer ce qui est peut-être la réunion la plus importante pour ATLAS :

    Le workshop d’ATLAS à La Rochelle

    Les 9 et 10 novembre, nous aurons le troisième workshop d’ATLAS à l’Université de La Rochelle. Nous espérons avoir terminé le programme dans quelques jours et le publier sur notre site web, comme d’habitude. Nous pouvons vous donner un avant-goût de l’idée qui sous-tend ce workshop. Chaque groupe de recherche disposera d’un créneau d’une heure pour présenter son travail pour ATLAS. Le groupe peut opter pour deux présentations de 20 minutes suivies de deux discussions de 10 minutes ou pour une présentation plus longue suivie d’une discussion plus longue. Nous savons déjà que certains groupes ont opté pour l’une ou l’autre solution, le programme sera donc varié à cet égard. En plus de la mise en place, nous avons invité Marc Heijmans du CNRS, le directeur d’un autre projet concernent un atlas : Atlas topographiques des villes de Gaule méridionale. Il présentera ses travaux sur les villes du sud de la Gaule dans l’Antiquité tardive. Nous aurons également l’occasion d’accueillir Didier Bayard, de l’INRAP, qui présentera une synthèse sur les villes du nord de la Gaule dans l’Antiquité tardive.

    Nous nous réjouissons de toutes ces occasions de diffuser nos travaux et d’échanger avec nos collègues. Surtout, nous attendons avec impatience le workshop d’ATLAS, où nous aurons la chance de rencontrer les membres de notre projet et d’échanger avec un accent particulier sur l’urbanisme dans l’Antiquité tardive.

    Université La Rochelle (Wikipedia)
  • Bonnes Vacances!!
    Prendre un thé avec vue sur le Golfe de Tunis depuis Sidi-Bou-Saïd.
    …pour se reposer et profiter ! Bonnes vacances à tous, et rendez-vous à septembre…
     
  • Cartographie dans le projet ATLAS

    Le « ATLAS » dans le nom de notre projet a amené des personnes à demander si c’est une référence aux montagnes d’Atlas. Cette interprétation correspond bien à notre projet comme nos études sont en effet au tous les deux sites de ces montagnes. Il n’est pas toutefois le première sens du nom, bien qu’une bonne. Le nom réfère à « l’atlas » des cités de l’Antiquité tardive que nous créons et utilisons pour l’analyse de l’urbanisme entre le 3e et 8e siècle. Nous écrivons « atlas » aux guillemets pour raison. Vous ne devez pas vous attendre un atlas au style du Der neue Pauly Historischer Atlas der antiken Welt ou le Barrington Atlas. Notre projet ne crée pas un atlas imprimé, mais plutôt un outil en ligne pour les analyses géographique (notre WebGIS) qui aura le centre aux dix études de cas. Et si les temps et le financement permettent, nous pouvons élargir le champ de l’enquête…

    Travailler avec le « Barrington Atlas » (ouvré) et le « Historischer Atlas der antiken Welt. »

    Trouvé notre WebGIS en ligne

    Notre WebGIS nous permet de publier nos résultats, tout comme un Atlas imprimé. Cependant, dans le processus, le WebGIS nous permet d’interroger et d’analyser notre ensemble de données. Comme vous avez pu le lire dans les blogs précédents ([1 sur Baelo]; [2 sur Emerita]). Le WebGIS fonctionne sur un serveur Huma-Num et est créé et maintenu par deux gestionnaires de bases de données de l’Université de La Rochelle. Dans le passée, nous avons travaillé avec Frédéric Pouget et Alain Layec pour créer un moyen de relier le WebGIS à notre bibliothèque Zotéro. Maintenant nous pouvons facilement ajouter les références bibliographiques à nos données à partir de Zotero.

    Le prochain pas, qui était fini la dernière semaine, était l’import des datas épigraphiques directement à partir d’un CSV dans la base donné. Comme nous l’avons dit à Twitter, auparavant nous entrions (et nous le faisons toujours pour les données archéologiques) manuellement chaque inscription dans la base de données. Comme ces données peuvent être obtenues en csv à partir de la base de données Trismegistos (grâce à la licence de l’Université de Hambourg), et améliorées via d’autres bases de données et les corpus épigraphiques, il est plus facile de travailler en csv (cet amour que certains membres de notre équipe ont pour les feuilles Excel est encore en discussion).  

    Écran de démarrage de l’ATLAS WebGIS

    Pour ceux qui sont intéressés à regarder le travail en cours, nous avons mis à disposition le WebGIS dans une version visible uniquement, que vous pouvez trouver via ce lien. Une courte explication de ses fonctionnalités se trouve ci-dessous. Vous constaterez que Baelo Claudia, Emerita Augusta et Carthage sont terminés. Si vous rencontrez des erreurs ou des omissions, n’hésitez pas à nous contacter !

    Petit guide de l’utilisateur du WebGIS

    Si vous visitez le WebGIS, vous allez voir l’écran de démarrage avec nos aréals de recherche et les études de cas. Vous pouvez faire un zoom sur l’un de nos études de cas et d’après le level de zoom plus bas que 1 : 1,000,000 (Dans le coin inférieur gauche, vous voyez l’échelle) les points individuels correspondant avec les évidence épigraphiques et archéologiques deviennent visibles. Par exemple, le terretoire d’Emerita :

    Le territoire d’Emerita Augusta avec l’archéologie et épigraphie

    Sur le côté droit, nous pouvons sélectionner les éléments à afficher en cliquant sur l’icône « Carte » (la main tenant un globe). Ici, nous pouvons sélectionner et désélectionner les éléments à afficher. Par exemple, pour ne voir que les églises situées sur le territoire d’Emerita, nous désélectionnons l’épigraphie (cliquez sur l’œil à gauche de « Inscriptions »). Et comme option rapide pour obtenir les églises, nous désélectionnons tous les « Édifices », puis sélectionnons seulement « l’Église ». Maintenant vous devriez avoir l’image suivante :

    Territoire d’Emerita Augusta avec les églises.

    ATLAS Cartographie

    En plus de notre WebGIS, nous créons des cartes pour certains projets secondaires et intérêts des membres de notre équipe. Comme nos directeurs dirigent plus d’un projet et que nos post-doctorants ont plus d’une compétence, nous sommes en mesure de produire des cartes pour notre région couvrant des sujets dépassant le cadre de notre projet. L’année dernière, nous avons créé plusieurs cartes pour des présentations et des publications. Cependant, comme la création de cartes représente un travail considérable et que nous devons garder l’œil sur la recherche fondamentale, nous avons décidé de donner une formation QGIS aux collaborateurs étudiants à Hambourg. Grâce à la partie allemande du projet, nous avons quelques étudiants qui nous aident dans certaines parties du projet. Par exemple, tous nos blogs français sont des traductions faites par Lilian Fischer. Ces derniers mois, Lilian Fischer, Tjaard Jantzen et Sebastian Meyer ont effectué plusieurs tâches pour le projet, telles que : recherche bibliographique, conservation et saisie de données.

    Après s’être familiarisés avec la collecte de données pour créer des cartes, ils étaient temps de passer à l’étape suivante : Apprendre à faire des cartes avec QGIS. Au cours des dernières semaines, ils ont suivi la formation de base de QGIS in Classics. Ce cours d’auto-apprentissage a été créé en 2020 sous le nom TOLETUM Autumnschool. Les étudiants, accompagnés de Lina Schimmelpfennig (assistante étudiante du RomanIslam Center), ont parcouru les modules et ont eu une réunion hebdomadaire avec Pieter (l’un des développeurs du cours) pour discuter des problèmes et des progrès. Les résultats de ce cours peuvent être vus dans notre nouvelle section du site web.

    Les étudiants lors d’une réunion en ligne pour le cours QGIS

    Maps-to-go

    Dans ATLAS, nous nous sommes engagés dès le début à appliquer une politique d’accès libre à tous les résultats de notre projet. C’est pourquoi nous avons également décidé de mettre à la disposition de la communauté les cartes que nous avons créées pendant cette période. Vous pouvez les trouver dans la nouvelle section de notre site web : Maps-to-go.

    Dans cette section, vous trouverez des cartes créées par l’équipe ATLAS et basées sur des recherches effectuées par les membres de notre équipe ou des experts liés au projet ATLAS. La couche de base de nos cartes peut sembler familière : nous utilisons une couche WMTS dans le style de l’Atlas numérique de l’Empire romain. Vous êtes libre d’utiliser les cartes sous CC-BY-NC, ce qui signifie que vous pouvez les utiliser (et les modifier) en faisant référence au projet ATLAS. Cela signifie que vous pouvez utiliser les cartes comme base pour votre propre travail, à condition de faire référence à nous. Au cours des deux prochaines années du projet, nous continuerons à mettre en ligne de nouvelles cartes basées sur nos recherches. Restez connectés à notre compte Twitter pour connaître les dernières nouvelles cartographiques !

  • Groupes de recherche se préparent pour La Rochelle

    Prochain automne, novembre 9e et 10e, nous allons avoir la troisième réunion de ATLAS à La Rochelle. À six mois de la fin de l’année, les groupes de recherche ont commencé à réfléchir aux sujets et à préparer les recherches pour les présentations de groupe.

    Nous espérons avoir une réunion aussi fructueuse que celles de Madrid et de Hambourg. Avec la réunion à Madrid nous avons officiellement lancer le projet. C´était là-bas ou nous avons nous connaître et, aussi, ou nous avons formé les groupes de recherche.

    La seconde réunion à Hambourg, était le premier temps que les groupes ont présenté ses travails aux membres de projet, suscité un débat riche qui a nous encouragé de continuer l´analyse d´urbanisme à l´Antiquité tardive des perspectives différentes et complémentaires (ici vous pouvez lire le report en détail).

    Les réunions digitales continuent

    Les réunions en groupe sont inévitables pour présenter les recherches ou des idées entre nos groupes de recherche. Comme notre projet a des membres de pays multitudes, la plupart des membres viennent de la France, de l´Allemagne, de l´Espagne et de Tunis, nous ne pouvons pas toujours nous rencontrer à la vie réelle. Donc, les groupes se réunis en digitale, une chose pour laquelle nous nous sommes tous améliorés au cours des deux dernières années. Dans les dernières semaines, certains groupes étaient déjà se rencontré et a décidé leur approche de recherche. Autres groupes se rencontrent ce mois pour le premier temps depuis janvier. Nous avons tout remarqué que le réouvert de la société a amené une concentration élevée aux activités de recherche. Des invitations pour des conférences, des workshops et courses, aussi bien que des excavations archéologiques, ils peuvent enfin avoir lieu. En plus, nous aussi étions invité à participer aux nouvelles conférences, et les excavations ont rempli notre agenda. Néanmoins, le fait que nous nous rencontrions par voie numérique permet de trouver plus facilement un espace pour les réunions entre (ou même pendant) nos multiples obligations.

    Planifier la recherche pour les mois suivantes

    Divers groupes qui se rencontraient plus tôt de cette année ont fait des plans détaille pour la recherche. Le groupe d´épigraphie s´est réuni pour la première fois en mars et a planifié l´étude des inscriptions de bâtiments. Il s’agit d’inscriptions qui commémorent la construction ou la restauration d’un bâtiment et qui mentionnent souvent le bienfaiteur. Dans le monde ancien, il était courant pour l´élite de payer la construction et les frais d´entretien des bâtiments publiques. Cela s´appelait l´euergetisme. Traditionnellement, il est accepté que cette habitude a disparu dans l´Antiquité tardive et que la richesse de l´élite urbaine a diminué. Cependant, le schéma pourrait changer si nous considérons les évêques et leurs dédicaces d’église dans les villes étudiées dans le cadre du projet. Pour faire ça, le groupe a planifié de collecter toutes les inscriptions des bâtiments avant le 8e juin. À ce jour, ils se réunissent un plusieurs temps pour discuter les inscriptions et pour voir si tous et collecter et archiver correctement. Si tel est le cas, chaque membre aura tout l’été pour commencer à réfléchir à l’interprétation des motifs. Ils se réunissent à nouveau en septembre pour échanger des idées et commencer à préparer la présentation. En octobre, ils prévoient que la présentation sera prête pour la réunion de La Rochelle.

    Capture d’écran avec certains des membres du groupe Epigraphie.

    Deux autres groupes se sont réunis aussi en mars pour commencer à définir les lignes de travail pour les mois suivants : Le groupe de VIIIe siècle et le groupe de « Shape of Urban Space. » Le groupe de VIIIe siècle, dédié aux recherches du dernier siècle traité par ATLAS, a décidé de réaliser une analyse spécifique pour toutes les études de cas de ce groupe. Compte tenu de la disparité et de la rareté des archives matérielles et textuelles, comme l’a montré la présentation de Hambourg, le groupe entend à cette occasion rassembler toutes les données disponibles sur le VIIIe siècle pour chacune des villes. L’objectif est de présenter un état de l’art actualisé qui tienne compte non seulement de l’enregistrement archéologique mais aussi des sources textuelles et épigraphiques, afin de répondre à des questions telles que : quels indicateurs archéologiques pouvons-nous trouver pour visualiser le VIIIe siècle dans les villes choisies pour le projet ; quelle catégorie administrative avaient-elles avant et après la conquête islamique ; comment ces villes sont-elles définies dans les sources écrites (medina, alquería, etc.) ; ou qu’advient-il des noms de lieux de ces villes, sont-ils maintenus, changent-ils ou disparaissent-ils ? Lors de sa dernière réunion à la mi-mai, le groupe a convenu de la répartition des études de cas en fonction des axes de recherche et des connaissances de chacun des membres. L’objectif est de disposer de ces données pour juillet, date à laquelle une autre réunion est prévue pour partager le travail effectué et commencer à définir les points d’intérêt pour la réunion de novembre. Le groupe prévoit de se réunir à nouveau en septembre pour finaliser la présentation de La Rochelle.

    Le groupe « Shape of Urban Spaces », quant à lui, a commencé par un brainstorming sur les thèmes possibles à développer. Comme il s’agit d’un groupe avec un large éventail de thèmes et un grand nombre de membres, il n’est pas toujours facile de décider d’une question de recherche spécifique. Ainsi, lors de la réunion de mars, il a été décidé d’analyser plus en profondeur certains des thèmes qui avaient déjà été traités dans leur présentation lors de la dernière réunion à Hambourg (fortifications, urbanisme polynucléaire, banlieue, habitat, espaces funéraires, etc.) Après un vote, il est apparu que deux sujets intéressent le plus les membres du groupe : l’urbanisme polynucléaire et le logement. Lors de sa dernière réunion, le groupe a envisagé la possibilité d’analyser ces deux questions, en accordant une attention particulière à l’organisation urbaine des villes, qui présentent souvent des noyaux d’occupation dispersés et apparemment non reliés entre eux (les fameuses città ad isole), et à la localisation des logements dans cet urbanisme très particulier. Le groupe souhaite également examiner l’évolution de ces espaces domestiques durant l’Antiquité tardive, leurs aspects morphologiques et constructifs, afin de mener une analyse diachronique et comparative entre les études de cas du sud de l’Hispanie et de l’Afrique du Nord.

    Capture d’écran de la dernière réunion du groupe « The Shape of Urban Spaces »

    Le groupe territorial s’est réuni le 24 mai dans l’après-midi pour commencer sa session de brainstorming. Mais avant de commencer, deux nouveaux membres ont dû être accueillis dans le groupe : Fred Hirt et Christoph Eger. Après une brève discussion sur le sujet, il était clair que la définition du territoire devait être rétablie. Le groupe se concentre sur les territoires immédiats des villes étudiées. En mettant l’accent sur la façon dont ils sont liés aux villes. Après le brainstorming, il a été décidé de se tourner vers les territoires de Carthago Nova (Carthagène) et Simitthus (Chemtou) pour la réunion de La Rochelle. Ces villes ont en commun que leurs territoires ont une importance économique pour les mines et les carrières. Chaque membre se tournera vers ses centres d’intérêt et son expertise pour les territoires, de cette façon ils pourront couvrir l’épigraphie, les pratiques minières, les découvertes archéologiques et l’archéologie du paysage.

    Dans les mois à venir, les rencontres numériques se poursuivent. Le mois de juin verra quatre nouvelles réunions : le groupe Epigraphie le 8 juin, suivi du groupe Terminologie / Pouvoir politique et Ville le 13 juin, puis le groupe Economie le 16 juin et enfin le groupe Territoire le 22 juin. Le groupe Espaces urbains se réunira également à nouveau au milieu de ce mois. En juillet, avant les vacances d’été, le groupe du 8ème siècle se réunira pour partager son travail et commencer à préparer la présentation pour notre prochaine réunion.

    Rendez-vous à La Rochelle !

    Comme prévu, nous nous réunirons à La Rochelle en novembre. L’équipe principale a déjà eu un aperçu de cette ville étonnante sur la côte atlantique. Nous savons que l’Université de La Rochelle aura tout organisé dans les moindres détails. Deux jours de discussion et d’échange de connaissances nous attendent ! De plus, la ville elle-même offre de nombreuses possibilités de se reposer et de faire une grande promenade le long du port. Nous sommes impatients de nous retrouver et de profiter au maximum de ces deux jours de discussion et d’échange de connaissances ! Ne manquez pas la présentation de nos résultats en novembre !

    Photo du port de La Rochelle lors de notre dernière visite en mai 2021.
  • Voyage dans la fascinante Tunisie de l’Antiquité tardive

    Pour des spécialistes d’Antiquité tardive, comme nous sommes, il est magnifique d’avoir l’occasion de dédier quelque mois pour l´étude spécifique de Carthage. La cité nous offre des vestiges innumérables de cette période et ça avec une monumentalité exceptionnelle. Il est toutefois vrai que trouver son chemin dans cette cité immense et localiser l’épigraphique et les évidences archéologique n´est pas toujours facile. Aussi, lorsque nous avons découvert que nous allions enfin pouvoir organiser un voyage à Tunis pour nous faire une meilleure idée de la Carthage antique, nous étions fous de joie ! Non seulement nous allions pouvoir analyser la ville à travers la littérature, mais nous allions aussi pouvoir réaliser une véritable autopsie, in situ.

    Quand même, équilibrer les calendriers et les temps de vols d’une équipe répartie en toute Europe, n’était pas une tâche facile. Ada et Pieter étaient les premiers pour arriver à Tunisie le lundi après-midi. Notre collègue et membre de projet ATLAS Chokri Touihri était un hôte fantastique, et est venu nous chercher à l’aéroport. La voyage de l’aéroport à l’hôtel dans le centre du Tunis dans la rue Av. Habib Bourguiba a été une véritable révélation. Une route à trois voies peut facilement devenir à cinq voies et lorsque vous ratez votre sortie, vous faites marche arrière La seule chose Chokri pourrait dit était : « Bienvenue à Afrique ! » Après le check-in à notre hôtel, Chokri nous avons mené à La Goulette pour le diner. Le plat de jour était une dorade grillée, attrapent de la Golfe de Tunis qui brise les vagues à quelques mètres du restaurant, accompagné d’un « brick », une pastée avec des œufs et de tuna.

    Mardi, début de la découverte de Tunis

    Mardi matin, Sabine a commencé sa journée vers Tunis, pendant Ada et Pieter a commencé à découvrir la cité. Sur le chemin pour aller à la station de TGM, le tram à Carthage, nous avons été arrêter de quelques Tunisiens. Ils nous identifié comme étant des Allemands (nous vous laissons le soin de décider lequel) et puisque commencer à nous accueillir et, en plus, ils nous ont donné des conseils pour notre visitation ! Le trajet en tram, c’était encore une expérience que nous n’oublierons pas de sitôt. Il a commencé tout facile, mais quand nous avons été près de Carthage, le tram s’est soudainement retrouvé si encombré que les portes ne pouvaient plus se fermer. Sortir d’un tel wagon bondé ne semblait pas une tâche facile, mais nous avons profité de l’espace ouvert par d’autres passagers qui essayaient également de sortir et avons réussi à descendre à la station Dermech.

    Nous avons commencé notre visitation à la Musée Romain et Paléochrétien, dans laquelle la basilique « Basilique Dermech » ou « Byzantine » ou « Carthagenna » est localisée. Comme nous avons déjà découvert, la multiplicité des nomes pour le même site est un practice commun à Carthage et bien que la toponyme Dermech fût déjà utilisé ailleurs, il semble que ça ne nous prévient pas de l´utiliser un autre fois. En fait, à notre grand étonnement, il existe plusieurs basiliques appelées Dermech. La Carthagène, ou Byzantine, est l’une d’entre elles, et elle possède également un petit musée où sont exposées certaines de ses pièces les plus significatives, ainsi que d’autres provenant de la Maison des auriges grecs toute proche. La basilique n’est conservée qu’au niveau de la fondation et, à cette époque de l’année, elle était en pleine floraison, mais il suffisait d’en faire le tour pour commencer à se faire une idée des dimensions impressionnantes des bâtiments conservés dans cette ville. C’est également le cas de la basilique de Bir Messaouda, située à quelques mètres de celle de Carthagène, dont seuls quelques murs sont visibles. Malgré cela, la taille du site indique clairement que les dimensions de cette basilique étaient tout aussi importantes (environ 50 m de long !).

    Photos du Musée Romain et Paléochrétien. A gauche, une partie des pavements de la Maison des auriges grecs ; à droite, les vestiges de la basilique de Carthagène.

    D’ici, nous avons continué notre route au région archéologique des Thermes d’Antonin. Dans ce région il y a plusieurs vestiges intéressants pour notre projet, telles que la Basilique Dermech I (oui, ce nome encore une fois), reconnu aussi comme la Basilica of Douïmes. En outre, nous avons également visité la chapelle dite d’Astérius et, pour le plus grand plaisir de quelqu’un, l’habitation de la fin de l’Antiquité connue sous le nom de Maison du Triconque. Il était impossible de suivre Ada, qui a réussi à enregistrer toutes les découvertes, y compris une balance portable, sur toutes les photos.

    La chapelle dite d’Astérius à gauche ; à droite, Ada excitée dans la Maison du Triconque.

    Bien sûr, nous n’avons pas manquer de visiter les Thermes d’Antonin non plus, même s’ils ne sont pas de notre période des études. La vérité est que l´immensité de ces bâtiments et son état de conversation magnifique nous avons laissé sans voix. Ainsi, après un café en contemplant ce paysage monumental surplombant la mer, nous nous sommes promenés dans les coins de ces thermes, admirant leur architecture mais aussi la fantastique épigraphie préservée. Là, Pieter s’est vraiment régalé car l’épigraphie était présente partout. Sa joie fut de voir la forme de la lettre K dans l’inscription monumentale (AE 1949, 27 et 28) et de réaliser qu’elle n’était pas seulement à Marc Aurèle et Lucius Verus, mais qu’elle avait aussi une deuxième inscription à Théodose et Arcadius !

    Les impressionnantes Thermes d’Antonin, à gauche, et l’inscription chère à Pieter (AE 1949, 27 et 28), à droite.

    Le site archéologique des Villes romaines était la dernière visite de la matinée, où nous avons rencontré plusieurs maisons aristocratiques bien conservées avec une chronologie de l’Antiquité tardive : la Maison du Cryptoportique, la Maison de la Rotonde, la Maison de la Volière, ou la Maison de Bassilica, entre autres. C’est ici que l’on trouve la Mosaïque des chevaux que nous avons décrite dans un tweet. En passant par les fantastiques jardins péristyles et les luxueuses salles de représentation, nous avons pu nous faire une idée du privilège qu’il devait y avoir à vivre dans de tels lieux. Loin de l’agitation du forum et des zones commerciales et portuaires, mais avec tout de même une excellente vue sur la mer et le golfe de Tunis.

    Photo de la pièce circulaire qui donne son nom à la Maison de la rotonde.

    Après cette visite, Pieter et Ada se sont dirigés vers la Musée de Carthage (non sans un détour), car nous avions une réunion prévue avec les illustres chercheurs Lilian Ennabli et Sihem Aloui. Mme Ennabli est la personne qu’il faut connaître pour étudier la Carthage chrétienne. Elle a écrit plusieurs livres sur ce sujet, mais aussi les principaux corpus épigraphiques sur l’épigraphie chrétienne. Mais, avant la réunion, Pieter et Ada voulaient entrer dans le musée pour manger quelque chose, alors au guichet ils se sont assurés qu’ils pourraient rentrer avec le même ticket, au cas où ils devraient sortir pour chercher Mme Ennabli. L’homme au guichet leur a fait confirmer au moins deux fois qu’ils avaient vraiment un rendez-vous avec Mme Ennabli, les regardant comme s’ils étaient fous, et a même appelé son collègue pour commenter l’étrange circonstance que deux « touristes » aient apparemment un rendez-vous avec Mme Ennabli. Finalement, après ce petit flou, il n’y a pas eu de problème et Pieter et Ada ont déjeuné dans les jardins du musée avec Sabine et Chokri, qui sont arrivés peu après.

    La réunion elle-même a été très utile. Lilian Ennabli a été très aimable et nous a indiqué certains des aspects les plus pertinents de ce qu’elle appelle la Carthage chrétienne. En outre, nous avons rencontré Sahim Aloui, un chercheur qui travaille actuellement sur les inscriptions de Damous-el-Karita, et Moz Achour, conservateur du musée. Avec ces spécialistes de la Carthage antique tardive, nous avons discuté des possibilités de reconstruction en 3D des basiliques et de l’endroit où trouver la bibliographie nécessaire. En outre, nous avons pu leur montrer notre WebGIS et le travail effectué jusqu’à présent, ce qui a été très bien accueilli et a suscité beaucoup d’intérêt.

    Les membres du projet ATLAS (de gauche à droite : Ada, Pieter, Chokri et Sabine) avec Lilian Ennabli et Sihem Aloui, devant le Musée de Carthage.

    À la fin de la rencontre, notre hôte Chokri nous a emmenés voir d’autres sites archéologiques, encore plus impressionnants. Nous avons visité l’amphithéâtre, où Perpétue et Félicité, les premiers martyrs chrétiens documentés de l’Afrique romaine, ont été exécutés. De là, nous nous sommes rendus aux citernes de La Malga, un immense ensemble de citernes géantes, conçues pour recueillir l’eau des aqueducs afin d’approvisionner la ville. Enfin, nous avons profité d’une promenade tranquille dans les belles rues de Sidi-Bou-Saïd et d’une tasse de thé à la menthe avec des amandes, avec une vue magnifique sur le golfe de Tunis.

    Vues du Golfe de Tunis depuis Sidi-Bou-Saïd.

    Mercredi, visite de l’INP et de la Médina

    Le lendemain, l’équipe centrale d’ATLAS était au complet, Laurent étant arrivé le mardi soir. Nous avons commencé la journée par une visite matinale de la Médina de Tunis, en nous promenant dans plusieurs de ses rues sinueuses et en visitant certains de ses coins merveilleux. L’un d’entre eux était, à notre grande surprise, le propre bureau de Chokri, dans un magnifique bâtiment historique avec une décoration magnifique de stucs et de carreaux décorés. Pouvez-vous imaginer travailler dans un endroit de tel ? Certaines d’entre nous l’aimeraient certainement…

    De là, nous nous sommes dirigés vers le siège de l’Institut national du patrimoine (INP) de Tunisie, dont le bâtiment est tout aussi fantastique. Nous y avons été accueillis par Mohedinne Chaouali, également membre de notre projet, qui nous attendait pour une réunion avec le directeur général de l’INP. Sabine et Laurent ont présenté le projet et expliqué ce que nous prévoyions de faire au cours des deux prochaines années. La réunion a été un succès car nous pouvons compter sur la coopération de l’INP dans nos futures entreprises.

    Intérieur d’un des splendides palais conservés dans la Médina de Tunis.

    Après la réunion, nous nous sommes rendus dans une salle de conférence car, comme nous l’avions annoncé sur notre page Facebook et sur Twitter, les directeurs étaient invités à donner une conférence sur le projet. Cependant, installer et connecter l’ordinateur et le projecteur dans cette salle n’a pas été une tâche facile. Travailler dans des bâtiments historiques a un charme indéniable, mais il peut parfois être difficile de résoudre des problèmes techniques. Mais grâce à l’attention de nos invités, nous avons finalement réussi à tout faire fonctionner et Sabine et Laurent ont pu présenter le projet ATLAS à un public vraiment intéressé, ce qui a donné lieu à une discussion animée après la conférence.

    Sabine et Laurent qui présentant le projet ATLAS à l’Institut National du Patrimoine (photo : Médiation Artistique Koko).

    Après les discussions, qui se sont poursuivies pendant un bon moment sur la place devant l’INP, nous nous sommes dirigés avec nos hôtes de l’INP vers la Médina pour le déjeuner. En déambulant dans les rues étroites et en parlant toujours d’ATLAS, un de nos collègues tunisiens a salué un autre membre de l’INP qui se dirigeait vers nous. Ce n’est que lorsque nous avons prêté attention au groupe que nous avons remarqué qu’Antonia Bosanquet du Roman-Islam Center et notre propre membre ATLAS Anne Leone se dirigeaient vers nous. Quelles sont les chances d’une telle rencontre dans les rues sinueuses de Tunis ? Après une brève discussion, nous avons décidé de nous retrouver plus tard dans la journée pour dîner. Car nous devions continuer car nous devions être à l’heure pour, eh bien… le déjeuner.

    Selfie de la rencontre fortuite ATLAS – RomanIslam dans les rues de la Médina.

    Le restaurant où nous avons déjeuné est un ancien funduq, ou auberge, splendidement conservé et rénové. Il est intéressant de voir comment les rues étroites de la Médina cachent des cours si spacieuses avec des patios si verts. Notre table avait sol y sombra, ce qui a été facilement résolu par des chapeaux de paille. Nous avons trouvé que cela avait l’air un peu idiot et, il faut bien l’admettre, les Hambourgeois étaient plutôt contents d’avoir un peu de soleil. La nourriture sur place était excellente et nous remercions l’INP de nous avoir emmenés !

    Après ce bon déjeuner, il était temps de retourner au travail. L’INP a eu la gentillesse de mettre à notre disposition deux voitures avec chauffeurs pour nous permettre de visiter les différents quartiers de la ville. De plus, nous étions accompagnés d’un guide pour nous faire découvrir les sites de Carthage. Nous avons commencé par la Basilique dite sainte Monique, ou basilique Saint Cyprien. Il ne reste pas grand-chose de cette basilique, et nous avions besoin d’un guide qui nous explique où regarder pour avoir une idée des dimensions. Ensuite, nous avons visité les Villas romaines, qu’Ada et Pieter avaient déjà visitées. Cependant, nous avons pu clarifier certaines questions que nous avions. La piscine d’une des villas, dont nous nous demandions pourquoi elle se trouvait dans une villa, semblait être une « reconstruction » de la fin du 20e siècle… Ensuite, nous avons visité le Damous-el-Karita, cette basilique est encore plus impressionnante que les basiliques que nous avons visitées mardi ! Déjà depuis la route principale, vous pouvez apprécier l’immense taille de la basilique, qui mesure jusqu’à 1,5 ha. Les rangées de colonnes reconstituées vous donnent une bonne indication de la taille de la nef et des allées du bâtiment principal. La basilique massive fait partie d’un complexe ecclésiastique incroyablement grand, comprenant un baptistère, une salle d’assemblée et un grand martyrium circulaire souterrain.

    A gauche, le groupe visitant l’intérieur du martyrium de Damous-el-Karita. A droite, Laurent prenant une photo de la basilique.

     Jeudi, une visite des sites de l’intérieur de la Tunisie

    Nous avons commencé très tôt ce jour-là. Nous avons pris le petit déjeuner à une heure indue, 6 heures du matin. Même le boulanger dormait car le pain n’était livré qu’à 6h45.  Heureusement, le Carlton offre un large choix au-delà du pain et du croissant et nous avons pu manger avant l’arrivée du pain frais. À sept heures précises, les deux voitures avec chauffeurs, si gentiment fournies par l’INP, étaient prêtes à nous emmener à Makthar et Zama Regia. Nous partons dans des directions différentes : Chokri, Sabine et Ada directement vers Makthar, tandis que Laurent et Pieter ont fait un détour par Bou Salem pour récupérer Moheddine. En fin de matinée, nous sommes arrivés à Makthar pour une visite guidée par Moheddine. Le site est très impressionnant, tant il y a d’archéologie et d’épigraphie à voir et à rechercher. Moheddine nous a emmené avec lui tous les vestiges de l’Antiquité tardive pour nous présenter tout ce que Makthar a à offrir. Le site est en effet très intéressant et nous étudions les possibilités d’ajouter Makthar. Vous en saurez peut-être plus dans nos prochains blogs. A mi-chemin de notre visite, Moheddine nous a réservé une petite surprise : on nous a offert un deuxième petit-déjeuner avec une pizza. Après ce petit déjeuner digne d’un Hobbit et la visite du reste du site, il était temps pour notre prochaine destination.

    A gauche, le groupe visitant l’intérieur du martyrium de Damous-el-Karita. A droite, Laurent prenant une photo de la basilique.

    Après un peu moins d’une heure de rute, nous sommes arrivés à Zama Regia, où l’on nous a offert tout un festin à manger, y compris du couscous fait maison ! Nous y avons rencontré les archéologues et les étudiants qui forment l’équipe qui travaille sur ce site, où ils disposent également d’installations pour rester et effectuer les tâches de recherche nécessaires après les fouilles elles-mêmes. Ils ont été nos guides dans la visite de ce vaste site, dont la longue occupation et la profonde stratigraphie nous ont laissés sans voix. Mais aussi le paysage de la région, avec de vastes plateaux, si différents du paysage côtier, nous a fascinés. Après 20 ans de fouilles, ils ont pu mettre au jour une partie de la zone monumentale de la ville romaine, notamment un immense temple à l’architecture complexe, le périmètre de la vaste forteresse byzantine et un secteur de l’établissement du haut Moyen Âge. Mais, sans aucun doute, le site a beaucoup plus à offrir. Nous serons attentifs aux futures découvertes !

    Vue panoramique de la zone monumentale de Zama Regia.

    De retour à Tunis, nous avons à nouveau fait confiance à nos deux chauffeurs de l’INP qui nous ont si gentiment conduits depuis mercredi après-midi et tout le jeudi. Nous les avons observés avec admiration et un soupçon de crainte alors qu’ils naviguaient dans les rues animées de Tunis et sur les routes locales entre Mactar et Zama. Comme nous avions deux voitures, nous devions toujours prendre des chemins séparés : Chokri, Sabine et Ada ont pris la route directe pour Tunis, tandis que Moheddine, Laurent et Pieter sont passés par Bou Salem pour déposer Moheddine. Comme le trajet via Bou Salem comportait un léger détour, nous avons remarqué que Sabine et Ada étaient tout à fait satisfaites de prendre la route directe et d’éviter un voyage supplémentaire. Laurent et Pieter ont continué leur chemin vers Bou Salem, certes avec un peu de jalousie envers la route directe, mais ils ont fait bon usage du temps en discutant de beaucoup de choses pendant le trajet, parmi lesquelles les différences entre les académies en Tunisie, en France, en Allemagne et aux Pays-Bas.

    Laurent et Pieter avec un des chauffeurs, sur le chemin du retour.

    Vendredi, le jour du retour

    La veille, nous avons dit au revoir à nos collègues tunisiens car nous devions prendre nos vols de retour à des heures différentes le vendredi matin. La vérité est que nous avions des sentiments mitigés, certains d’entre nous seraient bien restés une semaine de plus… La Tunisie nous a fascinés, surtout ceux d’entre nous qui ne la connaissaient pas, et nous sommes impatients d’y retourner. Ce matin-là, Sabine, Laurent, Pieter et Ada ont pris leur dernier petit déjeuner au Carlton, commentant la grande chance que cela a été de pouvoir organiser ce voyage et de connaître tous ces sites et vestiges de l’Antiquité tardive aux mains des véritables spécialistes qui, si gentiment, nous ont accompagnés dans notre visite. Nous sommes rentrés dans nos bureaux respectifs avec quelque chose de Fernweh, mais avec une énergie renouvelée et, sans aucun doute, de plus grandes connaissances pour poursuivre nos recherches sur la Carthage de l’Antiquité tardive.

  • La deuxième étude de cas : Mérida nous lance de nouveaux défis

    Comme nous vous avons dit il y a quelques semaines, en janvier, nous avons dit au revoir à la « Rome d’Hispanie » et traversé la Méditerranée pour nous concentrer sur l’ancienne ennemie de Rome : Carthage. Comme nous avons le fait avec notre première étude de cas, Baelo Claudia, il est temps de faire le point sur notre travail sur la deuxième étude de cas, Emerita Augusta.

    Pont romain et pont Lustitania sur le fleuve Guadiana

    L’étude du site du Golfe de Cadix a posé plusieurs défis et, bien sûr, celle d’Emerita Augusta n’en a pas été moins difficile. D’abord, nous avons tombé sur une quantité énorme de data, tant l’épigraphique et archéologique, dont notre WebGIS rend compte ! En plus, Mérida est encore une cité vivante, ou les bâtiments modernes sont superposés aux anciens, ce qui rend beaucoup plus difficile la localisation des vestiges archéologiques par le biais de la visionneuse satellite. Nous n’avons pas toujours les coordinats non plus pour les retrouver exactement. Heureusement, la visitation nous avons fait le dernier septembre nous permets de nous familiariser avec son urbanisme. Il était aussi possible d’apprendre les interventions archéologiques de l’Antiquité tardive en Mérida les plus récentes.

    Capture WebSIG Ville de Mérida

    Parallèlement, nous avons également travaillé en étroite collaboration avec notre spécialiste Frédéric Pouget pour introduire une nouvelle amélioration dans WebGIS. Comme nous avons vous rencontrer dans notre premier post de ce blog, nous utilisons Zotero, un programme libre, dans lequel nous avons créé une bibliothèque partagée avec tous les membres du projet, pour réussir à faire les références bibliographiques du projet. Dans la dernière semaine nous avons travaillé ensemble avec les spécialistes des database de La Rochelle pour connecter notre bibliothèque Zotero, qui est toujours plus grande, avec le WebGIS. Et enfin, après de nombreux essais et erreurs, nous avons réussi à introduire ce nouvel outil qui nous permet de sélectionner simplement les références bibliographiques à partir de la liste que nous avons déjà enregistrée dans Zotero. De cette façon, nous ne faisons plus le travail d’enregistrement bibliographique en double (dans Zotero et dans WebGIS) et nous évitons les erreurs commises en saisissant manuellement les références dans WebGIS. Il reste encore quelques petites choses à résoudre, mais c’est définitivement un grand pas en avant !

    Mais revenons aux rives du Guadiana. Étant donné qu’Emerita est une étude de cas si vaste, nous ne pouvons pas donner une vue d’ensemble de la ville dans ce blog. Cela deviendrait très probablement un livre. Nous allons donc nous concentrer sur trois aspects différents de la ville. Tout d’abord, nous nous intéresserons à la basilique de Santa Eulalia, parce que c’est un lieu où l’archéologie (Ada) et l’épigraphie (Pieter) se rencontrent. Ensuite, nous nous pencherons sur le territoire d’Emerita pour voir ce que Pieter a fait de son amour pour les territoires. Et enfin nous tournons les maisons dans les zones urbaines et périurbaines de Mérida, le travail qu’Ada a eu pour collecter, analyser et entrer tout cela dans la base de données.

    L’une des bâtiments les plus importants de Mérida de l’Antiquité tardive est la basilique de Santa Eulalia, construite au milieu du Ve siècle. Elle se trouve au nord de l’ancienne muraille de la ville, juste à l’extérieur dans une nécropole initiée au 4ème siècle. En soi, il n’est pas étrange de trouver les premières églises dans les nécropoles. Souvent, elles sont construite près ou sur les tombes des saints. La Santa Eulalia est l’une des basiliques funéraires, ce qui signifie que ce site a commencé comme un cimetière chrétien construit autour du mausolée qui abritait très probablement les restes de la martyre locale, Eulalia.

    Photographie de l’intérieur de St. Eulalia (P. Mateos – IAM)

    Nous pouvons clairement observer cette occupation funéraire non seulement à travers les vestiges archéologiques (l’image ci-dessus parle de ça), mais aussi à travers le grand nombre d’épitaphes trouvées à l’intérieur de l’église. L’une d’entre elles est la triple inscription mentionnée dans l’un de nos tweets. La raison pour laquelle on est enterré à l’intérieur, ou du moins à proximité, de l’église est la croyance selon lequel le fait d’être à proximité d’un saint ou d’un martyr favorise votre position en tant que chrétien. Au jour de la résurrection, le lien avec le saint vous ferait entrer dans les rangs appropriés.

    Près de Santa Eulalia, nous trouvons un autre bâtiment intéressant : le Xenodochium. Selon la Vitas sanctorum patrum Emeretensium, l’évêque Masona fit construire un xénodochium en 580 pour « les pèlerins et les pauvres malades » (VSPE V. III 4), qui a été identifié avec le bâtiment à l’est de Sainte Eulalie, daté archéologiquement de la seconde moitié du VIe siècle. Sa disposition est en effet très différente de ce que nous connaisons d’une église et sa localisation en dehors de la ville correspond à l’idée d’un lieu pour les étrangers (indiqué par le xéno dans le nom, du grec ξένος). Les pèlerins pouvaient-ils se rafraîchir avant d’entrer dans la ville et peut-être même séjourner au xénodochium ? Lorsque l’on se tourne vers l’épigraphie, on est un peu perdu. De nombreuses inscriptions funéraires ont été trouvées dans la zone autour du xénodochium. En soi, il n’est pas étrange de trouver de l’épigraphie funéraire dans une zone extra-muros, c’est là que nous attendons la nécropole. Et il est également assez courant que l’expansion urbaine soit construite sur des nécropoles. Néanmoins, l’épigraphie funéraire trouvée près du xénodochium date de la même période que la construction du bâtiment. Cela soulève des questions sur l’utilisation de ce bâtiment. S’il s’agit d’une auberge ou d’un hôpital, pourquoi y a-t-il des tombes autour ? Quelle est la relation entre le bâtiment et les tombes ?

    Plante Xenodochium (Mateos 1995, fig. 2. et une inscription grecque de la région faisant référence à l’époque hispanique DLX… (CILAE 1173).

    Le territoire d’Emerita Augusta n’est pas un sujet facile. Le premier problème que nous rencontrons est d’établir le territoire d’Emerita (de l’Antiquité tardive). Le territoire que nous avons actuellement dans notre base de données est dérivé du travail de Cordero Ruiz (2010). Nos données pour le territoire sont partiellement dérivées de la thèse de doctorat de Cordero Ruiz (2013) et du doctorat de Franco Moreno (2008). Ces deux derniers nous donnent un vaste catalogue d’entrées avec des données archéologiques et quelques inscriptions pour le territoire. Comme nous pouvons l’observer dans nos entrées, ces informations sont concentrées dans le secteur sud-ouest, ce qui nous a amené à nous demander s’il s’agissait d’un biais créé par une étude inégale du territoire ou si cela répondait à une réalité historique. Les concentrations épigraphiques semblent indiquer que nous avons bien affaire à une réelle répartition des vestiges. Cette répartition n’est pas très surprenante, elle suit les rives du Guadiana. Les parties septentrionales du territoire sont assez accidentées puisque nous sommes dans la partie occidentale des Montes de Toledo. Il est intéressant de noter que la plupart des églises du territoire se trouvent à moins de 20 kilomètres, soit quatre heures de marche. Au sud-ouest, nous trouvons deux églises assez éloignées, à environ 60 kilomètres, soit deux jours de marche d’Emerita. De tels résultats méritent plus d’attention ! Le groupe du territoire pourrait les comparer à d’autres études de cas portant sur des territoires aussi vastes.

    Image du territoire d’Emerita dans WebSIG

    L’analyse des maisons d’Emerita de l’Antiquité tardive n’est pas non plus une tâche facile, notamment en raison de l’immense quantité de données disponibles. Heureusement, nous disposons d’études récentes et exhaustives sur ce sujet, notamment la thèse de doctorat de Corrales Álvarez publiée en 2016. Si nous examinons la chronologie de ces maisons, nous pouvons rapidement observer que la plupart d’entre elles datent des 3e-4e siècles et que, à partir du 5e siècle, le nombre total de bâtiments domestiques diminue clairement. Mais il est tout aussi vrai qu’un grand nombre de ces bâtiments domestiques du Bas-Empire ne sont que partiellement connus, grâce à la découverte de mosaïques ou de certains murs. Malgré cela, nous disposons d’un corpus assez important d’habitations bien conservées des 3e-4e siècles qui nous permettent d’observer les différences socio-économiques et les différences de localisation dans la ville. D’une part, nous trouvons des domus avec de riches mosaïques et décorations murales qui semblent être situées principalement à l’intérieur des murs de la ville. D’autre part, on a également trouvé des bâtiments domestiques plus modestes, qui disposaient également d’espaces pour les activités productives et agricoles, situés à l’extérieur des murs. Cependant, on observe un net changement à partir du Ve siècle. Le nombre de domus, ou maisons dans la tradition romaine, encore en usage diminue et de nouveaux espaces domestiques prolifèrent à l’intérieur des murs. Ces nouvelles habitations occupent souvent des bâtiments anciens et présentent de longues séquences d’utilisation, allant du Ve au VIIIe siècle. Il s’agit sans aucun doute d’un phénomène intéressant que nous devons mettre en contraste avec la dynamique des autres études de cas. S’agit-il d’un phénomène exclusivement hispanique, ou observe-t-on des modèles similaires en Afrique du Nord ? Peut-on identifier ces modèles dans un type spécifique de ville, comme celles qui avaient le statut de capitale, ou s’agit-il d’un phénomène généralisé ?

    Image de l’évolution de la maison Morería et photographie (Alba 2008, fig. 8).

    Dans tous les cas, il est clair que l’étude de Mérida nous a permis de faire de grands progrès dans notre connaissance des villes hispaniques de l’Antiquité tardive, tout en soulevant de nouvelles questions pour l’analyse comparative avec les autres études de cas. C’est donc avec toutes ces préoccupations en tête que le moment est venu de se tourner vers l’Afrique. Et quel meilleur endroit pour commencer à apprendre les dynamiques urbaines de la rive sud de la Méditerranée que l’une de ses plus grandes métropoles : Carthage.

  • Réunion de ATLAS à Hambourg
    Du lundi 24 janvier au mercredi 26, nous avons tenu la deuxième réunion avec le titre « Ciudad y Antigüedad tardía: avances y perspectivas ». Nous nous rencontrions dans la salle de lecture de la Kulturwissenschaftliche Bibliothek Warburg ou, en court, le Warburghaus. À cause de son arrangement ovale, la salle crée la vraie ambiance pour des exchanges et discussions entre les parlants et l’audience, mais aussi entre les personnes qui font l’audience. La réunion a été tenu dans une forme hybride, car tous membre n´ont pas pu venir à Hambourg. Ce chemin, nous avons eu des visiteurs connectés de loin, loin que Brazil, qui a pu rejoindre les débats.
    Photo du Warburghaus avec les affiches des ateliers ATLAS
    Le titre expresse le but de la réunion : discuté les progrès et les perspectives des sept groupes de recherche. Nous avons divisé le colloque en une session par groupe, dans laquelle un orateur extérieur au projet était invité à faire une présentation sur le sujet du groupe. Cette présentation a été suivie d´un exposé sur les travaux en cours du groupe recherche. Après ces deux présentations, nous avons eu 30 minutes de discussions. Comme toujours, les discussions auraient pu durer beaucoup plus longtemps, toutes comme certaines présentations. Heureusement, les sessions ont été suivies de café ou de déjeuner, dans lesquelles nous avons pu continuer les discussions.   Lundi, 24 janvier Les deux directeurs ont ouvert la réunion dans la manière standard de ATLAS et ainsi indicé à quoi les discussions se ressembleraient : Sabine a commencé en espagnole, Laurent a utilisé le français. Dans le projet, la plupart des membres parle du moins une de ces langues et comprend l’autre. Comme cela, nous était capable de discuter en français et simultanément en espagnole.
    Sabine et Laurent lors de l’ouverture de l’atelier.
    Dans le cadre de notre ouverture, nous avons invité Hervé Inglebert de l’Université Paris Nanterre. Il a donné une conférence magistrale sur la position du projet ATLAS au sein des grands débats. Il a commencé son analyse historiographique avec les premiers auteurs qui débattent de l’Antiquité tardive, de Riegel et Strzgowski (1901) jusqu’à notre époque. Il soulève ainsi les grands problèmes que nous pouvons rencontrer dans notre projet. Comment traitons-nous notre Antiquité tardive ? Qu’en est-il de l’étendue géographique ? Sa conclusion était rassurante : Le projet ATLAS est très bien positionné dans les études de l’Antiquité tardive.  
    Snapshot de la discussion qui a suivi la présentation d’Hervé Inglebert.
    Le premier groupe de recherche était Pouvoir politique et la ville ; ils ont invité Javier Martínez Jiménez de l´université de Cambridge. D’abord, il a montré les changements dans le modèle de peuplement urbain dans l’Espagne wisigothique, y compris la question : Qu’est-ce qu’une ville ? Donc, il a tourné son attention vers le politique derrière ces fondations urbains. Il a fait remarquer que l’une des explantations possibles pour ces fondations pourrait être la control de certaines aréaux. Toutefois, avec les nouvelles fondations, le roi pouvait créer des nouvelles élites et, aussi, ligoter des personnes à lui-même. Pour cette groupe, Javier Arve et Rubén Olmo ont tourné vers les gouverneurs provinciaux et, en plus, vers les cités dans Hispania. Ils ont trouvé que l’évidence épigraphique et texturale est très rare et, en conséquence, ne permet pas d´indiquer beaucoup sur la relation entre la cité et le gouverneur.  Ce que l’on peut observer, c’est que les gouverneurs étaient surtout actifs dans les capitales : Tarraco, Emerita Augusta et Corduba. La question est posée de savoir si une vue depuis l’Afrique nous donnerait une autre image.
    Javier Arce et Rubén Olmo lors de la présentation du groupe Poder político y ciudad.
    Nous avons finir le premier jour, ou plus précisément l’après-midi, de notre réunion comme nous faisons toujours dans le Warburghaus : Avec une réception. Les petites bouchées et les boissons permettent aux convives de faire connaissance et d’entamer des discussions informelles. Nous devons mentionner la toujours amicale et serviable Frau Drößler, le pouvoir silencieux derrière toute la nourriture et les boissons au Warburghaus. Sans son aide, nous n’aurions pas de pauses aussi agréables dans les Warburghaus. Mardi, 25 janvier Nous avons commencé par une marche rapide à travers la ville sous l’excellente direction du guide local Dominik Kloss. Nous avons commencé notre visite à partir de l’hôtel et sur notre chemin vers le centre-ville, nous avons passé le centre romain-islamique, et plus important, le bureau ATLAS (alias le bureau de Pieter). Dominik a nous expliqué le développement de Hambourg depuis ses origines en tant que centre de commerce au confluent de l’Elbe et de l’Alster jusqu’à la construction du bâtiment de l’université en 1911 et la fondation de l’université en 1919.
    Photo de notre visite guidée dans le centre de Hambourg.
    Après, nous avons commencé notre session du mardi matin avec la Forme des espaces urbains. Le groupe a invité Gisella Cantino Wataghin de l’Università del Piemonte orientale. Elle a présenté un document sur le rôle des villes, en particulier des petites villes, dans l’Italie du Nord de l’Antiquité tardive. Son point de vue sur l’évolution des systèmes de peuplement, des structures internes et des fortifications des villes correspondait parfaitement à la présentation du groupe. Notre post-docs de ATLAS Ada Lasheras et Stefan Ardeleanu sont s’occupés de la présentation de notre plus grand groupe de recherche. Le groupe de recherche a clairement coordonné son travail et a fourni un parfait traité côte à côte des changements que nous pouvons observer dans la ville de l’Antiquité tardive. Ils se sont concentrés sur la réorganisation de la ville et les nouvelles hiérarchies résultant de ces changements.
    Ada Lasheras et Stefan Ardeleanu lors de la présentation du groupe Forma de los espacios urbanos.
    Après la visite guidée et la session de groupe, nous avons clôturé cette matinée relativement facile. Il était grand temps de procéder à des échanges informels au restaurant autour d’un bon plat de pâtes. Les sessions de l’après-midi ont commencé avec Julia Sarabia-Bautista, de l’Université d’Alicante, en tant que key-note pour le groupe Territoire. Elle a présenté une vision à long terme de l’occupation des territoires autour des villes de la région d’Alicante. Elle a montré que les zones périurbaines trouvent souvent de multiples zones d’occupation mais surtout à court terme, épuisant éventuellement les ressources et déménageant ensuite. Alors que les zones périphériques ont une occupation plus continue, ce qui soulève la question de savoir si ces zones sont plus autarciques et durables.
    Photo de la présentation de Julia Sarabia-Bautista.
    Jesús García Sánchez a présenté un point de vue similaire sur le territoire d’Emerita avec nouveaux matériaux découverts grâce à des enquêtes et des données patrimoniales. Notre post-doc Pieter Houten a ajouté l’Afrique en se tournant vers Carthage et en examinant l’approche des données héritées avec la base de l’article de Sycamore et Buchanan. Comme ATLAS utilise des matériaux déjà publiés, les questions de données héritées sont pertinentes. Le débat, qui a résulté sur la manière de définir les catégories, a été utile pour l’analyse des différents territoires.
    Pieter Houten et Jesús García lors de la présentation du groupe Territorio.
    Après un café accompagné d’un gâteau hambourgeois local, Frau Drößler s’occupe toujours bien de nous, il était temps de passer à la dernière session de la journée : Économie. De l’Université de Liverpool, nous avons invité Alfred Hirt à présenter l’exploitation minière en Afrique et dans la péninsule ibérique à la fin de l’Antiquité. Il a parlé de la diminution des opérations minières et a cherché des raisons pour expliquer ce déclin. L’argument souvent utilisé selon lequel les mines étaient épuisées n’est pas vrai, l’exploitation minière a continué par la suite. Fred a plaidé pour une combinaison de facteurs conduisant à des rendements décroissants, pour dire simplement qu’il était devenu trop coûteux d’exploiter les mines. Une partie du problème réside dans l’immobilisation de la main-d’œuvre. Ainsi, les mineurs spécialisés ne pouvaient pas se déplacer vers de nouvelles régions minières pour y lancer des opérations. L’un des points de discussion a été introduit en ligne par la numismate Ruth Pliego et portait sur l’origine de l’or destiné à être frappé dans le nord-ouest dans l’Antiquité tardive.
    Ada Lasheras présentant l’orateur principal Alfred Hirt.
    Le groupe économie s’est concentré sur trois sujets économiques : Darío Bernal a présenté les opérations de pêche dans le détroit de Gibraltar et l’imbrication de l’Hispanie et de l’Afrique. Il a ensuite pris le relais de Jaime Vizcaíno pour examiner la situation économique de Carthago Nova et la réutilisation d’anciens espaces publics pour des ateliers. Touatia Amraoui a examiné les activités de pêche à Leptiminus, ainsi que la production (fours) d’amphores pour le vin et l’huile d’olive. Toutefois, les sites de production de vin et d’huile d’olive dans l’arrière-pays (hinterland) n’ont pas encore été trouvés. De même, à Carthage, les fours ont été localisés, mais ils ne sont pas liés à la production rurale.
    Snapshot de la discussion après la présentation du groupe Economie.
    Nous avons fini la journée par un charmant dîner local chez Broderson, qui ne peut être laissé de côté dans une réunion à Hambourg. Le Labskaus effraie ceux qui ne savent pas à quel point ce plat local est étonnant. Chaque fois, nous parvenons à convertir quelques âmes chanceuses. Mercredi, 26 janvier Dernier jour, dernier siècle. L’orateur externe pour VIIIe siècle de Carolina Doménech Belda, de l’Universidad de Alicante, a présenté une communication sur les monnaies et les sceaux de l’époque de la conquête arabo-berbère en Afrique du Nord et dans la péninsule ibérique. Parmi les découvertes les plus récentes figurent les sceaux, qui sont liés au paiement du tribut et ont été trouvés en particulier dans le sud de l’Hispanie et dans le Narbonensis. Elle a également présenté l’évolution de ce que l’on appelle les « pièces de conquête », une monnaie d’or qui présente des changements linguistiques mais aussi dans la légende. Les premières pièces islamiques montraient des représentations des rois avec une légende bilingue en latin et en arabe. Peu à peu, le latin a disparu et les pièces sont devenues aniconiques et ne comportaient plus que la légende arabe. Il est intéressant de noter que les pièces en argent et en cuivre ne montrent pas cette évolution, mais commencent immédiatement en arabe.
    Carolina Doménech pendant sa présentation.
    Sonia Gutiérrez a eu l’honneur de présenter « Los tiempos de la conquista (siglos VII-VIII) : problemas de registro » pour le groupe Siglo VIII. Elle a abordé ce que nous pouvons savoir sur ces siècles « sombres » grâce à l’archéologie. Les plus problématiques sont les questions de datation et le manque de preuves (accru par la méthodologie des anciennes fouilles dans les sites concernés). Souvent, les matériaux sont datés de la période avant ou après la conquête, ce qui conduit à l’idée d’une période sans preuves.
    Sabine Panzram présentant Sonia Gutiérrez lors de la session Siglo VIII.
    La première session du matin s’est poursuivie dans la salle du café, avec de véritables Franzbrötchen hambourgeois. Pour la deuxième session du dernier jour, nous avons invité l’oratrice principale Isabel Velázquez (Universidad Complutense de Madrid) pour Epigraphie. Elle a présenté un aperçu de l’épigraphie de la période wisigothique. En pluss, elle a évoqué les problèmes de datation de l’épigraphie, cependant, avec l’ère hispanique, l’épigraphie wisigothique donnes une bonne base pour fonder la datation sur la paléographie. Le groupe épigraphie a été présenté par Javier Arce et Pieter Houten. Le groupe s’est penché sur les inscriptions honorifiques dans l’Antiquité tardive. Le déclin de la culture épigraphique pour ce type de texte est très fort et semble soutenir l’idée d’une disparition de l’habitude épigraphique à la fin du IVe siècle. Cependant, l’épigraphie funéraire se poursuit bien au-delà de cette période et il faut donc considérer d’autres types de textes avant de tirer des conclusions.
    Pieter Houten et Javier Arce lors de la présentation du groupe Epigrafía.
    Pour le déjeuner, nous avons marché jusqu’au restaurant italien voisin, notre nouveau restaurant préféré, où nous avons mangé des antipasti et des pâtes à volonté. Le dernier groupe pour notre réunion était Terminologie. Ils ont invité Álex Corona Encinas pour discuter des aspects juridiques des institutions municipales dans l’Antiquité tardive. Il a présenté la réalité que nous pouvons créer à partir du droit romain pendant le règne de Justinien, en se concentrant particulièrement sur la façon dont le pouvoir central a essayé de limiter les privilèges et le pouvoir de l’aristocratie locale. Le groupe terminologique a donné ses trois perspectives dans trois présentations ultérieures. Nous avons pu voir la réalité urbaine en Afrique du Nord et la continuation des gentes en tant que communautés urbaines autonomes, présentées par Stéphanie Guédon. Rubén Olmo a pris le relais et a donné un aperçu de l’évolution de la terminologie dans les textes classiques, où il semble y avoir un glissement vers un usage plus général de municipium si l’on compare Pline l’Ancien et Ammien Marcellin. Sabine Panzram a examiné la réalité du système de peuplement urbain lorsque nous nous tournons vers la terminologie changeante, par exemple de urbs à civitas et de vicus à castellum ou castrum. En outre, elle a souligné qu’à l’époque wisigothique, l’élite urbaine est devenue plus dépendante du roi, perdant ainsi son assise politique au sein de la communauté.
    Stéphanie Guédon, Rubén Olmo y Sabine Panzram lors de la présentation du groupe Terminología.
    Pour finir nos sessions, nous avons invité Jean-François Bernard (Université de Pau et des Pays de l’Adour) à présenter l’un des futurs projets d’ATLAS : les reconstructions 3D. Il nous a montré comment la reconstruction de villes anciennes s’inscrit dans une longue tradition remontant à l’Antiquité et transmise par les artistes comme Raphaël. Ces images faites à la main sont un moyen splendide de visualiser les villes anciennes. Les reconstructions modernes en 3D ont une base solide en archéologie mais ouvrer des débats sur la façon de comment rendre les incertitudes. Lors de la discussion sur les reconstructions 3D, Christoph Eger a eu l’occasion de montrer les reconstructions 3D que le LVR Xanten a pu obtenir grâce à son travail.
    Jean-François Bernard lors de sa présentation sur les reconstructions 3D.
    La journée a était clôturée par Sabine Panzram et Laurent Brassous, qui ont remercié tous les participants présents dans les Warburghaus et en ligne pour leurs présentations et discussions. Ils ont qualifié à titre la réunion de succès. En plus de ces remerciements, nous avons profité de l’occasion pour terminer avec une tradition : la discussion générale menée par Javier Arce sur les mérites (et les problèmes) du travail de groupe. Il a conclu qu’il serait préférable de se réunir sur une base plus régulière. Nous attendons avec impatience la prochaine réunion à La Rochelle en novembre 2022 ! La journée s’est terminée par le dîner d’adieu au Neumanns. Encore une fois, un bon endroit pour que les participants puissent profiter d’un bon repas et avoir un peu plus de temps pour discuter avant de rentrer à la maison.
    Dessin de conclusion de notre colloque, réalisé par Sonia Gutiérrez.
  • Joyeuses fêtes !

    Nous vous souhaitons un Joyeux Noël 🎄☃️ et une Bonne Année 🥂🎆 !Nous serons de retour après l’Épiphanie 👑👑👑 avec plus de nouvelles sur ATLAS 🤗

  • Un aperçu de 2021
    Il semble que c’est hier que nous avons publié notre première post dans ce blog, mais en fait c’était il y a pratiquement neuf mois ! Le temps passe vite lorsqu’on étudie un sujet aussi passionnant que le phénomène urbain à la fin de l’Antiquité et, même si cela peut paraître incroyable, 2021 se termine dans quelques jours. Alors peut-être est-ce une bonne occasion de regarder en arrière et de récapituler tout le travail que nous avons développé avec ATLAS. En fait, depuis le début du projet, en avril dernier, nous avons fait pas mal de choses. Dans cette même rubrique news nous vous informions de la première rencontre virtuelle qu’ont eue Sabine, Laurent, Pieter et Ada. La situation sanitaire nous a contraint à reporter le face-à-face que nous avions prévu avec tous les membres du projet à la Casa de Velázquez, mais (attention, spoiler) heureusement nous avons pu l’organiser quelques mois plus tard. Le projet a donc vraiment démarré avec l’atelier WebSIG ​​que nous avons organisé à l’Université de la Rochelle. C’est à cette occasion que certains membres du projet ont pu se rencontrer en personne et nous avons découvert comment communiquer les uns avec les autres. Comme vous avez pu le lire en mai, cette rencontre a été une véritable immersion linguistique.
    À gauche, une belle vue de La Rochelle. A droite, Ada, Pieter, Frédéric et Laurent travaillant sur le WebSIG.
    Lors de la rencontre à La Rochelle, en plus de discuter de la dénomination et de la catégorisation des différents éléments inclus dans le WebSIG, nous avons également établi que nous allions consacrer trois mois à chaque étude de cas. Cela fait un total de 30 mois, ce qui nous permettrait de terminer juste avant la fin du projet. Alors comme le projet était déjà lancé depuis quelques semaines, nous avons décidé d’étudier le cas de Baelo Claudia en six semaines. A l’époque cela nous semblait un défi, mais nous ne savions pas grand-chose de ce qui nous attendait… Mais nous avons réussi à terminer l’étude Baelo et, au passage, nous avons appris à manier WebSIG.
    Image d’une fiche et capture d’écran du travail effectué sur Mérida dans le WebSIG.
    Ainsi, en juillet nous avons pu présenter les avancées de notre outil SIG à une grande partie des membres du projet. Au fur et à mesure que nous avancions dans le temps, il devenait nécessaire de reporter chaque fois la réunion pour le lancement officiel du projet à la Casa de Velázquez, mais, finalement, nous avons pu la célébrer de manière hybride les 12 et 13 juillet. Ce fut une occasion fantastique de rencontrer davantage de membres du projet et de discuter de la base de données, mais aussi des différents axes d’étude au sein du projet. De cette façon, plusieurs groupes de recherche ont été créés qui travaillent depuis lors sur des sujets spécifiques et pertinents pour faire avancer la connaissance des villes de l’Antiquité tardive d’Afrique du Nord et du sud de l’Hispanie.
    Photographies de la fantastique cour de la Casa de Velázquez.
    Après un automne chargé de congrès en congrès, et après environ 15 semaines de travail, nous sommes sur le point de terminer notre deuxième étude de cas, Mérida. Maintenant, nous pouvons confirmer qu’étudier Baelo et son histoire pendant l’Antiquité tardive en six semaines est beaucoup plus facile que d’étudier Mérida. En fait, lors de notre visite en septembre dernier, nous nous sommes déjà rendu compte que cette ville a beaucoup à offrir. Cependant, la quantité de données est assez écrasante. Sans compter les documents inédits dont nous avons pris connaissances et qui, nous l’espérons, seront publiés bientôt. En tout cas, en janvier, nous espérons pouvoir rédiger un bref aperçu de cette ville fantastique et clore ce chapitre avant de nous tourner l’année prochaine vers une prochaine ville.
    A gauche, Pieter et Sabine lors de notre visite à Mérida. A droite, Sabine présentant le projet ATLAS à Alicante.
    Très probablement, notre prochaine étude de cas sera aussi difficile que Merida. Il s’agit de Carthage. Avec cette première étude de cas en Tunisie, nous espérons pouvoir bénéficier de l’aide de nos collègues pour localiser les ouvrages de référence les plus importants et bien commencer la collecte des données. Bien que quelque chose qui nous occupera certainement est notre deuxième réunion ATLAS, que nous avons programmée à Hambourg du 24 au 26 janvier. Restez connectés sur nos réseaux sociaux (Twitter and Facebook) pour plus d’informations !
    Photographies du bureau de Pieter à Hambourg et du bureau d’Ada à Madrid.

     
  • Groupes de recherche ATLAS

    Lorsque les membres d’ATLAS se sont réunis en juillet dernier pour le lancement officiel d’ATLAS, nous avons discuté des grandes lignes du projet : la vie urbaine, la ville et son territoire, les réseaux de villes. Les débats ont abouti à la création de groupes de recherches qui concentreront leur attention sur des sujets spécifiques autour des grandes lignes d’étude du projet. Le processus de formation des groupes s’est fait d’un commun accord sur le principe suivant : un membre proposait un sujet qui pouvait présenter un intérêt et, s’il était appuyé par un autre membre, le groupe était formé. Après cette première réunion à Madrid, chaque membre pouvait rejoindre un ou plusieurs groupes au sein de la liste des groupes de recherche proposés. Il est intéressant de noter que cela impliquait une deuxième sélection des groupes, car certains sujets n’ont finalement pas réussi à réunir suffisamment de membres. Le processus a néanmoins permis la création de plusieurs groupes de recherche qui couvrent les différents aspects de l’Antiquité tardive dans la péninsule ibérique et en Afrique du Nord. Chaque groupe reflète bien la diversité de nos axes de recherche et, en plus, chaque groupe dispose de spécialistes à la fois dans la péninsule Ibérique et en Afrique du Nord. De cette façon, nous nous assurons que la perspective comparative de notre projet fera partie de ces groupes.

    Photo de notre première rencontre à la Casa de Velázquez, en juillet dernier.

    Groupes de recherche

    Nous avons des groupes de recherche dédiés à l’étude de divers sujets. D’une part, le groupe « Pouvoir politique et ville » traite des aspects sociologiques. C’était également le cas du groupe « Religion », mais cette équipe a finalement rejoint le vaste groupe « Forme des espaces urbains », puisqu’elle se concentrera également sur les bâtiments de représentation religieuse au sein des villes. Ce grand groupe, qui a englouti près de la moitié des membres d’ATLAS (mais heureusement de nombreuses personnes ont rejoint deux groupes), examinera d’autres aspects tels que le redimensionnement et la hiérarchisation topographique des centres urbains de la fin de l’Antiquité. C’est un des groupes avec une approche archéologique principale. Un autre groupe archéologique est celui centré sur le territoire, dans lequel ils enquêteront sur les territoires des villes du point de vue de l’archéologie du paysage. En archéologie, l’approche économique est toujours présente et, en fait, nous avons un groupe dédié à cela qui travaillera sur les aspects productifs et les réseaux commerciaux des villes. Une perspective plus théorique et méthodologique peut être trouvée dans les groupes « Terminologie » et « Siglo VIII ». Attendez, nous avons un groupe pour un siècle précis !? Eh bien oui, il s’avère que c’est un siècle vraiment complexe à examiner à la fois en Afrique du Nord et dans la péninsule Ibérique. Ils vont donc s’intéresser aux difficultés qui subsistent encore pour définir le registre archéologique du VIIIe siècle et à l’évolution des villes au cours de ce siècle « pleinement post-romain ». Le dernier groupe qui reste à mentionner est celui consacré à l’étude de l’épigraphie dans les deux régions. On peut donc se risquer à dire qu’avec tous ces groupes nous avons abordé tous les grands thèmes de l’Antiquité tardive.

    Un automne de congrès et de réunions de groupes

    Comme nous l’avons déjà écrit, nous avons eu un automne assez chargé de conférences et communications qui nous a emmenés partout. Il semble que toutes les institutions aient profité de cette courte période d’ouverture des frontières et d’incidence du virus raisonnablement faible pour revenir aux congrès (on croise les doigts pour éviter un long hiver de confinement). Mais comme nous aimons être occupés, cette saison nous en avons également profité pour travailler avec les groupes de recherche. Comme d’habitude avec différents groupes, nous avons vu que certains se réunissent fréquemment quand d’autres travaillent discrètement. Mais dans tous les cas, avec la date limite de remise des titres et résumés fixée à la semaine dernière, nous avons vu que chacun a travaillé dur pour faire ressortir ses thèmes préférés dans notre projet. De plus, chaque groupe a dû commencer à réfléchir à sa présentation sur le travail qu’il a en cours pour notre prochain atelier ATLAS.

    Photo de notre prochain lieu de rencontre, le Warburghaus à Hambourg.

    Prochaine rencontre ATLAS : avant-première

    La prochaine rencontre du projet ATLAS aura lieu à Hambourg du 24 au 26 janvier. Croisons les doigts, en espérant que les règles sanitaires nous permettent de nous retrouver en présentiel Warburghaus de Hambourg. Chaque groupe présentera les travaux en cours dans le cadre du thème choisi. L’idée sous-jacente est que nous travaillerons à la publication de notre Companion de l’Antiquité tardive. Les fruits du travail des groupes et des rencontres conduiront aux réflexions nécessaires pour publier un ouvrage de référence à jour et fondamentale pour l’étude de base des villes de l’Antiquité tardive en Afrique du Nord et dans la péninsule Ibérique. Pour faciliter la discussion, chaque groupe invitera un conférencier principal extérieur, qui soit un expert dans son domaine, pour présenter les avancées de la recherche sur le thème du groupe. Elle sera suivie de la présentation des travaux en cours du groupe. Par la suite, nous prévoyons amplement de temps pour la discussion entre les membres. Nous espérons ainsi faire avancer nos recherches et l’étude de l’Antiquité tardive dans son ensemble.


  • L’automne de conférence

    Après 17 mois de conférences numériques, nous constatons une augmentation soudaine des conférences « réelles » après un premier été presque normal. Dans ce blog, nous allons donc présenter les conférences auxquelles nos deux directeurs et les post-docs ont participé ou vont participer cet automne. Il y en aura beaucoup d’autres avec des membres d’ATLAS présents, mais cela conduirait à un long blog contenant presque toutes les conférences traitant de l’Antiquité tardive en Espagne, en Tunisie et au-delà.

    Avec le retour de l’enseignement en présentiel à l’université et l’autorisation de la venue d’étudiants, on s’attend à ce que les universitaires souhaitent également recommencer à se réunir – même si l’année dernière a montré qu’il n’est pas nécessaire de se rendre à chaque conférence pour « participer ». C´est génial de pouvoir suivre des séminaires dans le monde entier sans créer une énorme empreinte carbone pour une session de deux heures !

    La fonction de chat de la plupart des programmes vous permet de saluer des visages familiers et de poser des questions lorsqu’il est impossible d’allumer le micro en raison de la vie à la maison. Il n’empêche que les réunions numériques, aussi bien organisées soient-elles, ne fournissent pas les mêmes possibilités. Les salles de « break-out » pour les pauses café ne peuvent pas remplacer les pauses café d’une conférence. Eh bien, nous ne voulons pas dire littéralement le café, travaillant à la maison nous tous avons nous perfectionné à brasser le café à la maison au niveau nous ne pouvons jamais nous attendons au catering universitaire, nous voulons dire les pauses.

    Ces pauses café permettent de se promener pendant 20 minutes et d’entamer des conversations avec les orateurs (pour poser la question que vous vouliez vraiment poser mais qui ne semblait pas correspondre à la discussion). Enfin, les conférences en situation réelle offrent la tranquillité d’esprit nécessaire pour se concentrer entièrement sur la conférence, sans les distractions et les besoins de la maison. 

    Nous aimons nos conférences en direct, mais si possible sous une forme hybride afin de pouvoir suivre ou présenter celles pour lesquelles nous ne pouvons pas nous déplacer.

    Quelles conférences avions-nous depuis octobre ? Nous avons décidé de ne pas vous en donner une liste fade, mais de les traiter dans les trois sujets nous avons découvert : l´urbanisme, les ports et la romanisation. Nous commencerons avec ces dernières qui ont été les premières. 

    La première conférence d’octobre, ou la dernière de septembre en réalité, a été le coup d’envoi officiel du Centre RomanIslam à Hambourg entre le 29 septembre et le 1er octubre. Bien que le centre existe depuis un an, la réunion de lancement avec les bulles et tout le reste ne pouvait avoir lieu que maintenant. La conférence de trois jours intitulée « Nouvelles perspectives sur la romanisation et l’islamisation », coorganisée par notre directrice Sabine, a donné lieu à des présentations de plusieurs membres de l’équipe, comme l’ont déjà vu ceux qui nous suivent sur twitter : Javier Arce, Darío Bernal-Casasola (en ligne), Philipp von Rummel et Chokri Touihri ont fait des exposés. Quelques jours après cette conférence sur la romanisation et l’islamisation, le thème de la romanisation a été poursuivi à Xanten avec le colloque Toletum : « El ejército y la romanización : Hispania y Germania en comparación », entre les 7 et 9 octobre. Comme il s’agit du célèbre réseau de recherche germano-espagnol dirigé par Sabine, c’est elle qui a ouvert l’atelier. Bien que nous ayons deux jours de conférence devant nous, l’image bien choisie par Sabine a immédiatement montré comment l’armée romaine intègre les habitants.

    Photo de Sabine lors de la présentation à Xanten.

    En poursuivant la chronologie, nous arrivons au thème suivant : l’urbanisme. À peine rentrée de Xanten, Sabine a dû se rendre à Paris pour retrouver Laurent et présenter à l’Université Paris Nanterre le colloque « Le phénomène urbain dans l’Antiquité tardive et le haut Moyen Âge Paris » entre les 11 et 12 octobre 2021. Nos directeurs ont été invités à présenter le status quaestionis de l’urbanisme de l’Antiquité tardive dans la péninsule Ibérique. Le colloque s’est conclu par le discours de clôture d’Anna Leone, membre de notre équipe. Après le colloque de Paris Nanterre, nous avons eu quelques jours de repos, pour rédiger ce blog, avant de poursuivre notre périple avec les prochaines communications sur l’urbanisme.

    À partir de là, nous nous tournons vers les futures conférences. La première est « Small Towns : una realidad urbana en la Hispania Romana » au Museo Arqueológico de Alicante (MARQ) du 26 au 28 octobre. Le 26, Pieter présentera son article « Small Towns a través de la epigrafía ». Le lendemain, Laurent abordera notre première étude de cas et présentera Baelo Claudia comme une petite ville. Même si c’est une petite ville, elle nous est chère. 😉 Le 3 novembre, Pieter présentera (en ligne) l’article « We don’t need a city : Roman civitates without urban centres in Hispania » à l’Institute of Classical Studies dans le cadre d’une série de séminaires en l’honneur de Simon Keay. Les dernières présentations sur l’urbanisme seront données mi-novembre à l’université de Alicante, où Sabine et Pieter feront une présentation à l’atelier : « Net Land. Arqueología, redes urbanas y paisajes de asentamientos en la larga duración. » Avec ça, nous fermons la section des documents sur l’urbanisme et continuons avec une partie spécifique de la ville : les ports.

    Laurent et Sabine lors de la conférence à l’Université Paris Nanterre.

    Il est intéressant de voir que cette partie de la ville est bien représentée dans notre conférence d’automne. Le 3 novembre, Ada participera en ligne à la conférence « Entremares : Emplazamiento, infraestructuras y organización de los puertos romanos » avec un article co-écrit avec Patricia Terrado Ortuño, Anna Gutiérrez Garcia-Moreno et Jordi López Vilar sur les dernières découvertes à Roca Plana, un point d’amarrage important dans le système portuaire de Tarraco. Suivra le colloque organisé par Sabine et nos collègues de la Casa de Velázquez et de la Casa Árabe à Madrid, qui avait malheureusement été reporté plusieurs fois, « De Gades a Tanger Med. El futuro de la tradición en el Estrecho de Gibraltar ». Le colloque aura lieu à la Casa Árabe de Madrid les 11 et 12 novembre et les membres d’ATLAS y participeront à nouveau : Darío Bernal-Casasola avec une communication sur le rôle de Gades dans le réseau commercial du Fretum Gaditanum, et Patrice Cressier, en tant que président de la session sur la période médiévale. L’automne de la conférence ATLAS se terminera par la 5e Biennale de Tarraco : Ports romains. Archéologie des systèmes portuaires et est co-dirigée par Ada, avec Patricia Terrado Ortuño et Joaquín Ruiz de Arbulo. Le membre de notre équipe présentera un article sur le système portuaire de Tarraco au niveau urbain. De plus, un autre membre d’ATLAS se joindra à la conférence : Darío Bernal. La conférence présentera d’autres articles d’intérêt pour l’équipe ATLAS, par exemple sur le système portuaire d’Hispalis (une étude de cas pour l´avenir) et son rôle d’emporium pour le Baetis.

    L’atelier TOLETUM du 4 au 7 novembre est difficile à placer parmi les trois thèmes. Sabine organise un deuxième colloque TOLETUM cette année, dédiés aux les jeunes chercheurs qui pourraient demander à s’y joindre. Cela a conduit à un programme très diversifié et intéressant avec ses propres thèmes : Archéologie et environnement ; Archéologie du paysage ; Histoire économique et Histoire sociale du pouvoir. 

    Sans doute, l’automne a été et sera très occupé, mais nous sommes contents que de pouvoir rencontrer beaucoup de nos collègues et  discuter avec eux directement les sujets de grand intérêt pour notre recherche. L´islamisation, le développement urbain et les réseaux de ports sont des aspects importants pour la recherche sur nos cités de l´Antiquité tardive et nous sommes certains que toutes ces conférences nous permettront de revenir l’esprit plein de nouvelles idées et perspectives.


  • Autopsie de Mérida dans l’Antiquité tardive

    Malgré un été calme et tranquille, nous avons poursuivi nos travaux sur le projet ATLAS, avec un rythme moins soutenu. Pour accélérer un peu le rythme de nos recherches sur Mérida, notre étude de cas actuelle, nous avons décidé de visiter la ville que Schulten a désigné comme « la Rome d’Hispanie ». Cette visite nous a offert plusieurs opportunités. Tout d’abord, nous renseigner sur les dernières interventions archéologiques portant sur la fin de l’Antiquité Mérida et ensuite, entrer en contact avec les membres du projet et les experts de cette ville.

    Cependant, on n’entre pas si facilement à Mérida. L’équipe de Hambourg, Sabine et Pieter, devait se rendre à Madrid, avec un vol très matinal. De là, Ada nous a rejoint et nous nous sommes rendus en train jusqu’à Mérida. Nous avons appris qu’il ne fallait pas toujours faire confiance aux panneaux numériques à Ciudad Real, où nous devions aller. En effet, d’après nos informations et les annonces à l’écran, nous devions nous rendre sur la voie 3 pour prendre le train pour Mérida. Cependant, le personnel de la gare nous a dit d’aller sur la voie 4. Alors que nous attendions sur la voie 4, le système de sonorisation nous a dit que le train pour Mérida arriverait dans quelques minutes sur la voie 3 et nous avons encore douté. : « Et si l’homme du guichet s’était trompé? Faudra-t-il passer la nuit à Ciudad Real ? ». Heureusement, l’homme avait raison et nous avons pu prendre notre train sur la voie 4 et rejoindre Mérida. Nous pénétrions vraiment dans l’intérieur de l’Espagne. Au  fur et à mesure que nous avancions, la température grimpait… alors qu’il était tard dans l’après-midi ! Mais lorsque nous sommes arrivés à Mérida, nous avons pu profiter d’une vue magnifique sur le dit Temple de Diane.

    La première vue du temple de Diane

    Mardi, première journée complète à Mérida

    Nous avons eu de bons présages mardi, ce matin-là les oiseaux ont survolé le bon chemin. Par chance, pour le petit-déjeuner, nous avons choisi un restaurant qui se trouvait à côté de l’Institut Archéologique de Mérida (IAM). Son directeur et membre du projet ATLAS, Pedro Mateos, nous a trouvé en train de prendre le petit déjeuner alors qu’il s’apprêtait à entrer dans son bureau. Après avoir abordé divers sujets de nos recherches autour d’un café au lait, il nous a proposé une visite des sites et monuments les plus importants. Nous avons commencé par l’un de ceux qu’il connaissait très bien : la Basilique de Santa Eulalia. C’est un lieu qu’il a lui-même fouillé entre les années 1980 et 1990. Plusieurs discussions intéressantes à ce sujet ont immédiatement suivi. L’une des principales questions était de savoir comment combiner et interpréter les différentes les sources disponibles : l’archéologie, l’épigraphie et la Vie des Saints Pères. Dans certains cas, ces trois sources semblent s’accorder, mais qu’en est-il de celles qui ne le sont pas ? Nous devrons y revenir dans les prochaines années.

    Santa Eulalia (à gauche) et l’équipe sous la direction de Pedro à la Morería (à droite)

    Avec ce guide exceptionnel, nous avons également pu visiter les dernières fouilles d’un bâtiment du Ve siècle situé dans l’ancien forum de la colonie. L’archéologue Rocío Ayerbe nous a enseigné en détail et expliqué les interprétations les plus récentes de cette fouille complexe. Parfois, nous souhaitons que la ville soit un grand champ vert, mais les bâtiments n’auraient pas été conservés aussi bien qu’ils le sont maintenant … Avec Rocío et Pedro, nous avons également visité l’un des monuments souvent négligés du forum de la colonie, un bâtiment de l’Antiquité tardive situé à côté du temple et dont seules les fondations sont conservées. Comme il est d’usage dans de nombreuses autres villes, la place du forum a été réoccupée et de nouveaux bâtiments ont été construits. Rocío a dû partir alors et nous avons continué à travers la ville avec Pedro, qui nous a emmenés visiter les fouilles de Morería, sous le bâtiment de la Junta de Extremadura et à côté des murs d’Emerita. Ce site archéologique conserve une route importante et plusieurs maisons. Bien sûr, nous observons la réoccupation et la réorganisation du quartier durant l’Antiquité tardive, lorsqu’une grande domus de la haute époque impériale a été divisée en plusieurs maisons plus petites et que des zones de production métallurgique ont été installées à son emplacement. Ensuite, nous avons visité le temple du culte impérial, où une inscription intéressante a été trouvée pour le plus grand plaisir des épigraphistes du groupe.

    Cette visite exhaustive de notre collègue a éveillé encore plus notre intérêt pour la Mérida de l’Antiquité tardive, et après avoir saluer Pedro, nous nous sommes dirigés vers le Musée national d’art romain (MNAR). La fortune nous a de nouveau souri et nous avons pu profiter d’une explication complète du musée par sa directrice, Trinidad Nogales, qui venait de terminer les détails d’une exposition qui s’ouvrait le lendemain à Santa Cruz de Tenerife. Ainsi, comme nous vous le disions sur Twitter, nous avons pu nous arrêter pour faire une autopsie d’une des nombreuses inscriptions intéressantes que conserve le musée, comme celle qui mentionne la restauration du cirque entre 337 et 340. Nous avons également pu découvrir la fantastique bibliothèque du musée, dans laquelle nous espérons pouvoir revenir et consulter très prochainement son importante collection. Pour l’instant, Trinidad nous a offert un petit échantillon avec le cadeau de plusieurs livres qui seront sans aucun doute d’une grande aide dans notre projet.

    Bibliothèque du MNAR (à gauche) et Trinidad comme guide (à droite)

    En sortant du musée, Pedro nous avait préparé une rencontre surprise avec le Consorcio Ciudad Monumental de Mérida, dans le restaurant A de Arco considéré comme le meilleur rde la ville (opinion soutenue par les professionnels de la gastronomie) et situé à côté de ce qu’on appelle traditionnellement l’Arc de Trajan. C’est ainsi que nous avons rencontré Félix Palmer avec qui nous avons discuté des objectifs et des propositions de notre projet et qui a eu la gentillesse de s’assurer que nous puissions visiter les différents monuments que gère le Consortium. Nous avons terminé la réunion assez tard. Nous avons décidé de diner dans le même restaurant et quelle découverte ! Nous avons pu profiter d’un repas fantastique et de délicieux desserts, notamment le gâteau au chocolat !

    Journée d’Estrémadure

    Mercredi, après avoir trouvé plusieurs cafés fermés, nous sommes retournés au restaurant où nous avions déjà pris le petit déjeuner la veille. À noter pour l’avenir : il est important de vérifier les dates des festivités régionales et locales avant d’organiser un voyage… Il s’est avéré que c’était le jour de l’Estrémadure et, bien sûr, de nombreux magasins étaient fermés. Heureusement, les musées et monuments étaient ouverts et ce matin-là, nous avons commencé par visiter la Collection Wisigothique du MNAR. Bien qu’il s’agisse d’une petite exposition, les pièces sont très intéressantes et rendent particulièrement compte de la monumentalité de la ville à l’époque wisigothique. Il Dommage que, malgré nos demandes et nos recherches en divers endroits, nous n’ayons pas pu mettre la main sur le catalogue publié de l’exposition … Nous serons attentifs à la parution de la nouvelle édition !

    Notre tournée s’est poursuivie avec la visite de l’Alcazaba et nous avons avancé un peu plus dans l’histoire de Mérida. Si cette partie de la Mérida de l’Antiquité tardive échappe à la période d’étude de notre projet, elle conserve également des éléments d’intérêt datés du IIIe au VIIIe siècle. Ici, nous avons pu examiner les murs de la ville, construits à l’époque du haut empire et renforcés à l’époque wisigothique. Plus tard, une partie de ses matériaux a été utilisée pour ériger l’Alcazaba au IXème siècle. L’une des constructions que utilise le plus de spolia de la période wisigothique est la tour centrale avec un aljibe (ou citerne), un système ingénieux pour garantir la disponibilité de l’eau en cas de siège. La tour a des escaliers qui descendent à un niveau inférieur au niveau du Guadalquivir (en arabe al-Wādī al-kabīr), plus précisément à la base du mur de l’Alcazaba , qui a lui-même été construit sur la digue romaine (vous pouvez voir un image explicative ci-dessous).

    Dessin de l’Aljibe (Consorcio Ciudad Monumental de Mérida)

    Entrée avec les colonnes wisigothiques (à gauche) et l’aljibe (à droite)

    Bien sûr, ce qui a attiré notre attention, c’est l’utilisation de chapiteaux wisigoths dans la construction de la citerne et nous avons été particulièrement intrigués par le placement de ces éléments architecturaux dans des endroits assez éloignés. Quelle est la raison d’utiliser ces colonnes si bien décorées dans des zones qui n’étaient pas visibles de tous ? D’autres, en revanche, s’inquiétaient de l’asymétrie dans l’agencement de ces spolia. Cependant, l’Alcazaba abrite bien plus que quelques spolia de notre période d’étude. Mais comme c’est souvent le cas, la période de l’Antiquité tardive a tendance à être oubliée et, en fait, il s’y conserve une vaste domus qu’il convient d’étudier un peu plus en détail. Nous avons hâte de mieux connaître ce quartier de Mérida !

    Dans l’après-midi, Jesús García, l’ami de Pieter et chercheur de l’IAM, a gentiment proposé de nous emmener sur certains des sites du territoire de Mérida. Après un voyage chaotique à travers des routes alternatives et de simples chemins de traverse, nous sommes arrivés à la basilique paléochrétienne connue sous le nom de Casa Herrera. Cependant, La Fortune ne nous a pas souri cette fois : Casa Herrera était en fait Casa Cerrada. Le site est bien protégé par une clôture périphérique, de sorte que nous ne pouvions apercevoir que de loin les colonnes en élévation. Mais ce n’est pas grave, Jésus connaît ce territoire comme sa poche et il nous a fait emprunter d’autres chemins alternatifs jusqu’à ce que nous atteignions les canaux d’entretien de l’aqueduc de Los Milagros. De là, la chemin est déjà devenue plus calme à travers des routes pavées – oh, les merveilles de la modernité ! – jusqu’au réservoir de Proserpina, qui alimentait ledit aqueduc. Avec le coucher du soleil, nous nous sommes assis sur ses plages (même si tout le monde n’était pas d’accord pour dire qu’elles pouvaient être considérées comme de vraies plages) et avons apprécié un dîner fantastique avec vue sur le réservoir.

    Dernier jour à Mérida

    Notre dernier jour a commencé par corriger une erreur, nous sommes allés prendre une photo des inscriptions conservées à l’entrée de la Basilique de Santa Eulalia :

    Marti · sacrum
    Vettilla · Paculi

    Iam non Marti, sed Iesu Christo D.O.M.
    eiusque sponsae Eulaliae Vir. Mart. denuo consecratum

    Ce sont des inscriptions vraiment intéressantes. La partie supérieure date du IIe siècle et correspond à une dédicace au dieu Mars par Vettilla de Paculus. L’inférieur est une re-consécration écrite plus tard que l’on peut traduire par : « Maintenant, ce n’est pas à Mars, mais à Jésus-Christ, Dieu tout-puissant et miséricordieux, et à sa femme Eulalia, vierge martyre, qui a été reconsacrée. »

    Après avoir pris quelques photographies pertinentes, nous avons continué notre chemin vers le Xenodochium, dont nous avons déjà parlé en juillet. C’est ici que nous avons pu observer les reconstitutions de certaines colonnes du musée wisigothique dans leur contexte et nous avons commencé à bien mieux le comprendre. Encore une fois, il est clair que l’Antiquité tardive a beaucoup à offrir mais n’a pas reçu l’attention qu’elle mérite. Nous allons essayer de faire tout notre possible pour faire briller un peu plus la Mérida tardive.

    Notre tour de ville s’est poursuivi par la visite de quelques maisons de l’élite de la cité antique. Le premier arrêt était la Maison de l’Amphithéâtre, que nous croyions être une domus de la haute époque impériale, mais il s’est avéré qu’elle était utilisée tout au long du IIIème siècle, elle entre donc dans notre période d’étude. À côté de la domus, il y avait aussi quelques mausolées, parmi lesquels l’un des plus célèbres : le Mausolée des Rivières. Sur sa façade a été retrouvée l’inscription avec les représentations des deux fleuves de la ville : Anas (Guadalquivir) et Barraeca (Albarregas). De là, nous sommes allés visiter une autre domus construite à la haute période impériale, la Casa del Mitreo. Mais cette fois, nous avions déjà appris que la maison aurait pu continuer à être utilisée pendant notre période. Pourtant, ce ne serait pas Mérida si nous n’avions pas été surpris par tout ce qui a été préservé. Ici, nous nous trouvons devant ladite Mosaïque de la cosmologie, datée du IVe siècle. Et pour ceux d’entre vous qui nous suivent sur Twitter, vous savez que celui-ci mérite un #MosaicMonday.

    Mosaïque de la cosmologie

    Après avoir visité cette dernière maison, il était temps de manger et, pour la troisième fois consécutive, nous sommes revenus profiter de notre endroit préféré. Pendant le déjeuner, nous avons discuté du plan pour l’après-midi, qui comprenait le retour à l’hôtel pour continuer avec d’autres tâches moins divertissantes de notre travail. Soyons honnêtes, visiter des sites archéologiques et des musées est intéressant et amusant, même si cela représente un travail pour nous. Après avoir terminé les tâches en attente, nous avons continué notre visite archéologique de Mérida avec une visite au théâtre et à l’amphithéâtre. Ces deux bâtiments ont été fouillés au début du 20e siècle, avec un intérêt évident pour les phases d’occupation plus anciennes. Souvent les strates de l’Antiquité tardive n’étaient considérées que comme un obstacle qu’il fallait éliminer pour atteindre les niveaux plus anciens. En conséquence, on sait peu de choses sur les phases de l’Antiquité tardive de ces bâtiments, bien qu’il existe des preuves intéressantes de l’utilisation tardive de l’amphithéâtre, comme nous l’avons trouvé dans l’un des livres qu’ils nous ont donnés le premier jour.

    Pour boucler la boucle de notre voyage, nous avons décidé de prendre notre dernier dîner à côté de la première et fantastique vue sur Mérida : sous les colonnes du Temple de Diane. Nous avons eu la chance de trouver une place juste en face du temple et nous avons passé un agréable après-midi en nous souvenant de tout ce que nous avions vu et fait. Au cours des prochaines semaines, nous continuerons à étudier la bibliographie de Mérida, mais maintenant avec des images claires des sites et de l’épigraphie en tête.

    Le dernier repas au temple de Diane

  • Bonnes Vacances!!
    Baelo Claudia et sa plage
    …pour se reposer et profiter ! Bonnes vacances à tous, et rendez-vous à septembre…
     
  • Lancement officiel du projet à Madrid
    Après trois mois du lancement officiel du projet ATLAS, nous avons eu la chance de lancer officiellement le projet lors d’un événement de lancement semi-présentiel à la Casa de Velázquez à Madrid ! Pour ceux qui ne connaissent pas la Casa de Velázquez (CdV): C’est une institution française visant à promouvoir les échanges artistiques, culturels et scientifiques entre la France et l’Espagne. Cette maison monumentale est située dans la Ciudad Universitaria et surplombe la vallée de la rivière Manzanares. Outre son architecture et ses vues magnifiques, elle abrite également une impressionnante bibliothèque. Quelle joie de pouvoir y passer quelques jours pour démarrer notre projet et travailler à la CdV.
    Quelques photos de la Casa de Velázquez : à gauche le patio impressionnant ; à droite la bibliothèque fantastique.
    Le lancement officiel du projet a eu lieu le lundi 12 et le mardi 13 juillet. Douze membres du projet ont pu se rendre à Madrid, l’autre moitié était présente numériquement. Après une année d’événements hybrides de ce type, le CdV avait tout organisé et nous avons pu avoir des discussions entre Madrid, et d’autres régions d’Espagne, ainsi que la Tunisie, l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni. Ce fut une excellente occasion de rencontrer les membres de notre projet et de discuter de ses différents aspects. Le lundi matin, nous avons commencé par une présentation générale. Sabine et Laurent ont expliqué les détails techniques et scientifiques du projet, et sa mise en place avec nos trois sièges : Casa de Velázquez à Madrid ; Université la Rochelle et l´Université de Hambourg. Ensuite, Frédéric a présenté le WebSIG à nos membres. La vue de cette présentation hybride valait la peine d’être prise en photo.
    Frédéric, au milieu de la salle, présentant le WebSIG lors de l’atelier hybride.
    Tout ne s’est pas passé comme prévu avec ces présentations hybrides. L’un des défis a été créé par des microphones défaillants. L’un de nos participants en digitales ne parvenait pas à faire fonctionner son micro, mais un bon vieux coup de fil sur haut-parleur a permis de résoudre ce problème. Dans l’image ci-dessous, nous pouvons voir Laurent tenir son téléphone près du microphone afin que les participants dans la salle ainsi que ceux présents en digitale (coin inférieur droit) puissent entendre ce qui se dit.
    Laurent aidant avec un appel téléphonique à l’ancienne.
    En discutant du WebSIG, nous avons réaffirmé certaines des questions relatives aux bases de données que nous nous posions nous-mêmes. La principale est évidente : comment gérer la réalité désordonnée dans une base de données structurée. Nous pouvons créer des catégories pour correspondre à nos différentes découvertes archéologiques et épigraphiques, mais elles ne suivent pas toujours les catégories prévues. La question est de savoir jusqu’où nous devons aller pour représenter la réalité dans notre modèle. Si nous créons une catégorie distincte pour chaque bâtiment, nous ne serons pas en mesure de voir les modèles plus larges, car nous avons saisi chaque bâtiment comme un bâtiment individuel. Cependant, nous avons besoin de placer nos bâtiments quelque part. Un bon exemple est le xénodochium de Mérida, déjà mentionné, qui est le seul xénodochium de nos dix études de cas. Devons-nous l’inscrire comme un xénodochium ? Ou la création d’une catégorie  » hôpital  » ou  » auberge  » serait-elle plus utile pour comprendre la propagation d’institutions similaires ? Nous allons continuer à améliorer notre base de données, tout en saisissant des données et en rencontrant de nouvelles questions. Notre réunion n’était pas seulement une discussion sur la base de données. Comme nous l’avions déjà mentionné sur notre compte Twitter, nous avions prévu des conférences pour lancer les discussions sur les thèmes de recherche.  Prof. dr. Javier Arce a donné la première conférence intitulée « Los paisajes urbanos en la Antigüedad tardía ». Il a ouvert une discussion intéressante sur la terminologie que nous devrions employer pour parler de la ville. Prof. Dr. Sonia Gutiérrez a ensuite ouvert un débat intéressant avec son intervention intitulée « La ciudad y territorio ». La question était de savoir comment définir le territoire des villes de l’Antiquité tardive. Certaines jouaient plus d’un rôle (pensons aux capitales provinciales ou diocésaines). Comment devrions-nous traiter leurs territoires administratifs ? La dernière présentation a été faite par Prof. Dr. Chokri Touihri « Un réseau de villes dans l’Antiquité tardive ». Il a souligné que nous devrions considérer nos dix études de cas dans le cadre d’un réseau plus large de villes. Ce n’est qu’alors que nous pourrons comprendre le rôle et le développement des villes dans l’Antiquité tardive. Après ces trois exposés et les discussions qui ont suivi, nous avions tous l’état d’esprit nécessaire pour les ateliers sur les différents thèmes.
    L’atelier pendant la présentation du Prof. Dr. Chokri Touihri.
    Nous avons planifié trois ateliers pour discuter et organiser les différents groupes de recherche en fonction des principaux thèmes de recherche : vie urbaine ; ville et territoire ; réseaux urbains (voir sous ‘Domaines de recherche’ sur ce site). Au cours de ces discussions, nous avons réalisé que certains thèmes au sein des domaines de recherche nécessitaient une plus grande attention. Nous avons donc formé plusieurs groupes de recherche pour travailler sur des sujets spécifiques pertinents pour notre projet et en accord avec les principaux domaines de recherche mentionnés précédemment. Dans l’ensemble, nous sommes très heureux de notre premier atelier de projet. C’était formidable de rencontrer plusieurs membres à la Casa de Velázquez. C’était encore mieux de pouvoir discuter des principaux sujets avec la plupart des membres en utilisant les techniques numériques. Nous attendons avec impatience notre prochain atelier en janvier 2022 à Hambourg. Croisons les doigts pour que nous puissions tous nous réunir au même endroit !
     
  • La première étude de cas: Baelo nous fait avancer avec le WebGIS

    Le mois dernier, nous nous sommes réunis à La Rochelle pour lancer notre base de données WebGIS avec une formation dispensée par notre expert en bases de données, Frédéric Pouget. Après cette formation de quatre jours, nous avons été envoyés dans les eaux profondes de WebGIS. Heureusement, Frédéric était là pour nous surveiller et s’assurer que tout se passait bien. L’avantage de ce processus d’utilisation précoce est que nous pouvons apporter des modifications en cours de route. En utilisant la base de données WebGIS, nous avons découvert quelques petits problèmes avec la fonction de recherche, mais rien qui ne puisse être résolu. Nous avons également discuté de questions d’ordre esthétique. Les icônes dont nous disposons actuellement doivent être améliorées. Heureusement, Sabine connaît un designer très patient… À chaque fois qu’il a créé une nouvelle version, nous avons voulu ajouter ou supprimer des icônes. Nous craignons qu’il a créé au moins une douzaine de versions de nos icônes. Cependant, celles-ci donneront à nos cartes un aspect sensationnel.

    Capture d’écran du WebGIS avec les nouvelles icônes et la fiche de la Silla del Papa.

    Comme vous le savez, notre première étude de cas est celle de Baelo Claudia, qui est assez amusante et stimulante. Le défi réside dans le fait qu’il y a tellement de travaux publiés et accessibles (voir par exemple https://journals.openedition.org/mcv/) qu’il est difficile de se familiariser avec l’ensemble du débat. L’étude d’un site depuis le bureau est un autre défi. La compréhension des rapports de fouilles et la lecture des plans archéologiques sont grandement améliorées par la visite d’un site. Dans les circonstances actuelles, ce n’était pas envisageable. Baelo Claudia est à nouveau un bon point de départ, car la majeure partie du site archéologique peut être visitée numériquement. Cela ne vaut toutefois pas la visite du site et sa découverte de visu. L’autopsie n’est pas seulement une chose à visiter sur la plage de Baelo. Mais en ces temps de restrictions des des déplacements, la vue virtuelle a parfois été utile.

    Vue panoramique de Baelo Claudia.

    Comme vous avez pu remarquer dans notre fil Twitter, nous avons travaillé sur l’épigraphie de Baelo Claudia. Malheureusement, seules quelques inscriptions de l’Antiquité tardive ont été découvertes. Néanmoins, il y en a de très intéressantes, comme l’inscription funéraire de Sabina. Cette inscription du début du VIe siècle est un excellent exemple de la présence d’une communauté chrétienne à Baelo.

    Une autre approche que nous avons est celle de la numérisation des plans archéologiques pour la Baelo Claudia de l’Antiquité tardive. Notre objectif est de fournir des cartes de la Baelo antique tardive pour différentes périodes, afin de montrer la dynamique de la ville. La plus grande partie du travail a été consacrée à la collecte et à la recherche des différents éléments pour la période de l’Antiquité tardive. Chaque trace archéologique, qui peut être liée à notre période de recherche, a été saisie et décrite dans la base de données. La semaine dernière, nous avons donné un exemple de l’un de nos sites archéologiques: La Silla del Papa.

    Il y a quelques jours, Laurent, Sabine, Pieter et Ada ont eu une réunion virtuelle pour partager et discuter de tout le travail effectué sur Baelo Claudia. À ce moment-là, la plupart des vestiges archéologiques et épigraphiques avaient déjà été ajoutés au WebGIS et nous avons pu échanger nos points de vue et nos interprétations sur l’évolution de la ville de l’Antiquité tardive. Il est en fait très utile de voir tous les bâtiments de l’Antiquité tardive, les infrastructures urbaines et les inscriptions d’un seul coup d’œil sur la carte. De plus, le fait d’avoir intégré les découvertes archéologiques les plus récentes nous a fourni une image légèrement différente de celle offerte par les études précédentes. En effet, un plan général de Baelo de l’Antiquité tardive fait toujours défaut et notre projet vise à créer un. Ce sera un outil formidable pour analyser le développement urbain de Baelo, mais aussi pour le comparer avec les autres études de cas pour lesquelles nous avons l’intention de produire également de nouveaux plans.

    Sabine, Pieter, Laurent et Ada lors de la réunion virtuelle du 22 juin.

    Pour en revenir à notre réunion, nous avons commencé nos discussions sur l’évolution de Baelo dans l’Antiquité tardive. Dans la littérature traditionnelle, nous constatons qu’un tremblement de terre (probablement daté du troisième siècle) est traité comme un point de rupture dans l’histoire. L’accent mis sur la ville impériale et sa destruction apparente par ce tremblement de terre, ont conduit à un net tournant dans la recherche. Souvent, nous constatons que la période à partir du troisième siècle est traitée de manière moins approfondie. Notre objectif est de rassembler les preuves que nous avons pour Baelo Claudia dans l’Antiquité tardive et de reconstruire la ville de l’Antiquité tardive. A la fin, nous rédigerons une discussion sur l’évolution et notre interprétation de Baelo dans l’Antiquité tardive dans le dossier de la ville. Il s’agit d’un document complet qui permet ces discussions globales. C’est ici que nous reviendrons sur l’idée d’une ville en déclin après le supposé tremblement de terre du troisième siècle.

    Après avoir passé trois mois sur la « petite ville » de la côte atlantique, il est temps de faire nos bagages et de passer à notre prochaine étude de cas. Le 1er juillet, nous nous rafraîchirons au xénodochium de Masona, avant d’aborder la prochaine étude de cas sur les rives de l’Ana.


  • Immersion linguistique et atelier WebSIG à La Rochelle

    Comme nous l’avons mentionné dans le précédent billet, le projet ANR-DFG ATLAS a planifié en mai dernier un atelier de formation pour notre WebSIG à La Rochelle. Grâce à un strict respect de toutes les mesures sanitaires en vigueur, cette rencontre a pu avoir lieu en presentiel du 17 au 21 mai à l’Université de La Rochelle. Laurent Brassous a généreusement accueilli Sabine Panzram, Pieter Houten et Ada Lasheras à la gare. Sans aucun doute, cet atelier a été un succès et nous a permis de donner une impulsion importante non seulement au WebGIS, mais aussi au développement du projet en général.

    L’atelier a débuté le mardi 18 avec une présentation détaillée du fonctionnement du WebSIG Atlas par Frédéric Pouget. Au cours de cette présentation, celui-ci nous a également montré les tenants et aboutissants de la base de données WebSIG. Il est intéressant de noter que des étudiants de Frédéric Pouget ont développé notre base de données dans le cadre d’un cours universitaire. Et ils ont fait un excellent travail ! Les explications de Frédéric ont été fondamentales pour notre compréhension du large éventail de possibilités offertes par ces outils numériques, mais aussi pour l’intégration optimale des données historiques et archéologiques. Mais qu’est-ce qu’un WebSIG ?

    Capture d’écran de l’interface web du SIG – comme vous pouvez le voir, nous avons commencé avec Baelo Claudia

    L’acronyme SIG signifie « Système d’information géographique », qui désigne un ensemble d’applications numériques permettant le stockage, l’intégration et l’analyse de données à référence géographique (voir ici pour un cours en ligne, organisé par Toletum). Leur application dans les études archéologiques et historiques a connu une croissance exponentielle au cours des dernières décennies, au point de devenir des outils essentiels pour gérer et visualiser de grands volumes de données sur le plan géographique, ce qui facilite une analyse plus complexe des données. Dans le cas spécifique de notre projet, ce SIG est présenté dans une interface web, hébergée sur le serveur de la TGI Huma-Num, une infrastructure de recherche en sciences humaines développée par le CNRS, le Campus Condorcet et l’Université d’Aix-Marseille.

    Une partie de l’équipe au travail pendant l’atelier WebSIG. De gauche à droite : Ada Lasheras, Pieter Houten, Frédéric Pouget et Laurent Brassous.

    Mais, bien sûr, cet atelier de formation n’était pas que théorique, nous avons aussi mis en pratique ce WebSIG ! Du mardi 18 au vendredi 21, nous avons incorporé toutes les informations recueillies sur Baelo Claudia qui, comme vous le savez, est l’étude de cas avec laquelle nous avons décidé de commencer en avril dernier. L’atelier nous a permis de partager et de débattre avec les membres de l’équipe Atlas de La Rochelle, Laurence Tranoy et Stéphanie Guédon, des idées pour améliorer la base de données à ses débuts. Ainsi, parallèlement au débat sur les noms et l’organisation des différents éléments ou sur la manière de présenter les informations, nous avons pu mettre en place de nouvelles améliorations dans la base de données et dans WebSIG lui-même.

    Comme vous pouvez imaginer, le cours et les discussions à l’université de La Rochelle ont été un défi linguistique pour les personnes moins familières avec le français. Pour Ada et Pieter, il s’agissait d’une immersion profonde dans le français. La formation WebSIG a constitué un cours de français, car tout était expliqué en français, mais par un Frédéric très patient, parlant lentement et répétant gentiment lorsque cela était nécessaire. Lorsque nous nous sommes complètement égarés, Laurent a eu la gentillesse de fournir une traduction en espagnol. Comme c’est la langue que nous avons tous en commun, nous avons décidé d’utiliser cette langue pour nos discussions. En plus, nous avons également utilisé l’allemand et l’anglais pour compliquer un peu plus les choses. Dans la pratique, nous n’avons aucun problème à représenter le caractère multilingue de notre projet. Néanmoins, l’une de nos discussions porte sur la manière de représenter la nature trilingue de notre projet dans le WebSIG. Cela demande réflexion et discussion, nous y reviendrons dans un autre blog. Suivez-nous sur cette page, ou encore mieux via Twitter : @ATLAS_cities 

  • Nous avons commencé !

    Le 16 avril, le projet ATLAS, sélectionné par l’ANR et la DFG, a commencé. La première réunion s’est déroulée en petit groupe et, comme c’est devenu la norme aujourd’hui, en visio-conférence. Trois membres de l’équipe ont participé depuis chez eux : Sabine Panzram de Hambourg, Laurent Brassous de La Rochelle et Pieter Houten d’Utrecht. Ada Lasheras nous a rejoint depuis son nouveau lieu de travail : La Casa de Velázquez à Madrid. Les trois personnes en télétravail étaient un peu envieuses de cette dernière, car nous avions planifié de nous rencontrer pour la première fois à la Casa de Velázquez. Nous avions espéré démarrer le projet par une réunion incluant toute l’équipe de près de trente chercheurs. Cependant, comme nous sommes une équipe internationale, venant essentiellement de France, d’Allemagne, d’Espagne et de Tunisie, et nous devrons attendre l’amélioration des conditions sanitaires avant de pouvoir nous réunir tous au même endroit.

    Ada (à gauche) au travail dans la Casa de Velázquez à Madrid et Pieter (à droite) chez lui à Utrecht.
    La composition très internationale de l’équipe représente un autre défi : quelle langue doit-on parler ? Pour être aussi inclusif que possible, nous sommes un projet multilingue, dont les langues principales sont l’espagnol, le français et l’anglais. Nous espérons ainsi pouvoir communiquer avec le plus grand nombre de personnes que possible dans notre domaine de recherche. Notre site internet et les blogs seront dans ces langues. Quant à la façon dont la communication multilingue fonctionne au sein de l’équipe, nous pourrions y consacrer un autre blog…

    Revenons à la réunion à distance, après une présentation du sujet de recherche nous avons discuté des premiers pas de notre projet. Nous avons commencé avec un avant-goût de l’interface « WebGIS », intuitive et prometteuse. Comme le titre de notre projet le montre déjà, nous étudierons l’urbanisme des villes de l’Antiquité tardive du sud de la péninsule ibérique (surtout dans l’ancienne province de Bétique) et de l’Afrique du Nord (essentiellement l’Afrique Proconsulaire). Plus précisément, nous étudierons dix villes comme étude de cas, cinq villes dans chaque région. Le WebGIS nous permet de collecter et d’analyser les données archéologique, littéraire et épigraphique de chacune de nos études de cas des villes (voir la carte suivante). Au cours des trois prochaines années, nous travaillerons sur ces études de cas, l’une après l’autre.

    Durant la réunion, nous avons décidé de commencer avec l’étude de cas de Baelo Claudia. Si vous avez connaissance d’une publication récente sur Bolonia durant l’Antiquité tardive, nous ne devons pas la manquer, faites-le nous savoir !

    Les régions d’étude et les sites-pilotes (état des lieux au IVe s. p.C)

    L’un de nos objectifs est de rassembler les publications les plus pertinentes pour chaque étude de cas et, ainsi que pour les recherches sur l’urbanisme de l’Antiquité tardive en général. Nous utilisons le gestionnaire de citations « Zotero » pour centraliser la bibliographie, avec toujours le principe de l’open access en tête. Après le projet, nous publierons la bibliographie dans Zotero avec toutes références pertinentes en ligne. En utilisant ce programme open source, nous souhaitons vous fournir tous les matériaux nécessaires pour des recherches sur « nos » villes de l’Antiquité tardive.

    Les premiers pas sont faits ; nos recherches prennent lentement forme en ligne. Comme nous gardons le moral et l’espoir de combiner les réunions en distanciel avec des réunions en présentiel, nous espérons nous retrouver bientôt à La Rochelle pour nous entraîner à l’usage du WebGIS. Nous espérons que la situation s’améliore bientôt et nous permette de nous retrouver physiquement dans notre siège de la côte atlantique à La Rochelle.

    Nous espérons que vous avez apprécié le premier billet de ce blog sur notre projet. Le mois prochain, nous vous présenterons l’équipe en détail. Notre objectif est d’écrire un blog court chaque mois. Si vous pensez que nous devrions adresser quelque chose sur notre recherche, n’hésitez pas à nous contacter ! Restez à l’écoute pour les dernières nouvelles, pour plus d’informations sur le projet, les questions auxquelles nous sommes confrontées, ls événements que nous organisons et les défis et les joies apportés par notre projet !